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Maroc : entre sécheresse et logistique défaillante, la filière agrumes sous pression

  • Date de création: 15 mai 2025 10:36

(Agence Ecofin) - Au Maroc, les agrumes représentent la deuxième filière fruitière d’exportation après les fruits rouges. En plus de la sécheresse qui limite déjà la production des vergers, la disponibilité des fruits est également compromise par une logistique agricole défaillante.

Au Maroc, la filière agrumicole déplore chaque année des pertes post-récoltes qui concernent 30 % de sa production en raison d’une gestion logistique peu maîtrisée. C’est ce qu’a révélé Kacem Bennani Smires, président de la Fédération interprofessionnelle marocaine des agrumes (Maroc Citrus) qui se confiait au quotidien local Médias 24 le 13 mai. 

« La chaîne de distribution moderne, incluant le froid, le transport et le stockage, est pratiquement inexistante. Cela limite fortement la conservation des produits dans des conditions optimales, compromettant leur qualité à l’arrivée chez le consommateur », explique le responsable qui précise que la durée des opérations de cueillette alimente ces pertes évitables.

Une double peine pour la filière

Cette révélation est à inscrire dans un contexte ou la filière marocaine touchée déjà par la sécheresse, est confrontée à une baisse de sa production qui se répercute sur les volumes exportables.

Selon le dernier recensement du secteur effectué par Maroc Citrus, le royaume chérifien a ainsi perdu un tiers de ses vergers en l’espace de huit ans, en raison du phénomène climatique extrême, passant d’une superficie exploitée de 128 000 hectares en 2016 à environ 91 000 hectares en 2024. « Frappée de plein fouet par les dures dernières années de sécheresse, la filière a été contrainte de procéder à un arrachage massif », explique M. Smires.

Cette contraction a entraîné un recul de la production nationale au fil des ans. Celle-ci est passée de 2,3 millions de tonnes en 2016/2017 à 1,8 million de tonnes en 2023/2024, selon les données compilées par le Département américain de l’Agriculture (USDA). Sur la même période, les exportations sont passées de 640 000 tonnes à 457 000 tonnes, affichant un recul de 29 %.

Si des investissements significatifs étaient consentis dans les infrastructures pour renforcer la gestion post-récolte, la filière pourrait améliorer la disponibilité des fruits pour compenser en partie les pertes liées à la sécheresse et soutenir les exportations. L’enjeu est d’autant plus important quand on sait que le gouvernement souhaite relancer les exportations de cette catégorie de fruits, en particulier celles des oranges, qui sont en perte de vitesse.

L’une des dernières mesures prises à cet effet est la mise en place d’une prime à l’export de 1 000 dirhams (107,7 $) par tonne d’agrumes exportés vers certains marchés (UE, Royaume-Uni, Afrique) et valable jusqu’en 2028. Rappelons qu’en dépit des difficultés liées à la sécheresse et la gestion post-récolte, le Maroc a engrangé 554,1 millions $ de recettes en 2024 grâce aux exportations d’agrumes, d’après les données compilées sur la plateforme Trade Map. Un chiffre qui montre le potentiel toujours important du secteur.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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05/05/2025 - Le Maroc tente de se repositionner sur le marché international des oranges

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