(Agence Ecofin) - Au Niger, l’élevage contribue à hauteur de 8,7 % au PIB et fournit environ 5 % des recettes d’exportation du pays. Le gouvernement souhaite renforcer les capacités des élevages locaux en vue de substituer les importations de lait et de produits dérivés.
Le 11 octobre dernier, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres un décret portant création du Centre national d’amélioration de la production animale. Selon les autorités, cette nouvelle entité sera mandatée pour développer une politique nationale d’amélioration des races locales à travers des méthodes adéquates, afin d’accroître les performances de production en lait et en viande des races locales.
Si, pour l’heure, la programmation de l’entrée en service de cette nouvelle entité et le plan d’action n’ont pas encore été évoqués, l’annonce traduit une volonté politique de substituer les importations de produits animaux, en l’occurrence des produits laitiers. « Le Niger, en dépit de son important cheptel, continue à recourir aux importations de lait et de produits laitiers pour satisfaire les besoins de la population. Cet état de fait résulte des insuffisances du cadre institutionnel et des techniques de production », souligne le communiqué du Conseil des ministres.
D’après l’Institut national de la statistique (INS), le Niger a importé en moyenne près de 6 000 tonnes de lait et de crème de lait par an entre 2019 et 2023 avec un pic de 10 910 tonnes en 2020. Parallèlement la facture associée à ses achats sur la même période s’est établie à près de 9 milliards de francs CFA (15,8 millions $) en moyenne par an avec un pic de 14,5 milliards de francs CFA (25,5 millions $) en 2020.
Parmi les principaux fournisseurs étrangers du pays d’Afrique de l’Ouest pour l’année 2024 figuraient, par exemple, l’Argentine, les Pays-Bas, l’Irlande, la Malaisie et la France, selon les données compilées sur la plateforme Trade Map.
Au Niger, la production laitière est principalement assurée par les élevages de bovins, mais provient aussi d’autres espèces d’animaux, dont les brebis, les chèvres et les chamelles. Dans un rapport d’analyse du secteur publié en 2023, l’INS soulignait que 17,7 % des ménages qui élèvent des vaches dans le pays produisent du lait.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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