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Côte d’Ivoire : l’école face au défi de préparer 400 000 jeunes au marché du travail chaque année

Côte d’Ivoire : l’école face au défi de préparer 400 000 jeunes au marché du travail chaque année
  • Date de création: 11 septembre 2026 11:05

(Agence Ecofin) - La croissance démographique ivoirienne accentue chaque année la pression sur le système éducatif et sur la capacité de l’économie à absorber une population active toujours plus nombreuse. L’enjeu ne se limite plus à l’accès à l’école : il porte désormais sur la préparation des compétences.

Pour la rentrée 2026-2027, le gouvernement ivoirien entend intensifier ses investissements dans l’éducation. Selon des informations publiées mercredi 9 septembre, ces efforts portent sur la construction et la réhabilitation d’infrastructures scolaires, le recrutement d’enseignants et le renforcement de l’enseignement technique. L’objectif affiché est de préparer une génération appelée à rejoindre massivement le marché de l’emploi. Les autorités estiment à près de 400 000 le nombre de jeunes qui y arrivent chaque année.

Un marché du travail encore loin d’absorber tous les nouveaux actifs

Le défi reste pourtant loin d’être relevé, et le taux de chômage global ne suffit pas à en mesurer l’ampleur. L’Enquête sur la transition des jeunes vers la vie active, réalisée par l’Organisation internationale du travail (OIT) en Côte d’Ivoire, évaluait leur taux de chômage à 14,2 % en 2022. Mais en intégrant le sous-emploi et la main-d’œuvre potentielle, l’indicateur élargi de sous-utilisation de la main-d’œuvre grimpait à 35,3 %. Cet écart illustre les difficultés auxquelles sont confrontés de nombreux jeunes Ivoiriens.

Cette réalité tient aussi à la structure même de l’économie ivoirienne, où l’informel domine. L’Observatoire national de l’emploi et de la formation professionnelle (ONEF) estimait à 82,3 % la part des emplois informels en 2024. Pour les nouvelles générations d’actifs, décrocher un emploi ne garantit donc ni un revenu stable ni des perspectives d’évolution durables.

Face à ce constat, l’État multiplie les passerelles entre formation et emploi. Le Programme national de stage, d’apprentissage et de reconversion doit accompagner 152 237 bénéficiaires en 2026, dont 100 000 via des dispositifs d’immersion professionnelle, pour un coût annoncé de plus de 26,5 milliards de francs CFA, soit environ 47 millions de dollars. Dans le même esprit, l’enseignement technique se rapproche des entreprises, avec l’ambition d’arrimer les cursus aux besoins réels de l’économie.

La politique éducative ivoirienne est ainsi confrontée à deux exigences simultanées. Elle doit continuer à absorber une population scolaire en croissance, tout en veillant à ce que les formations dispensées débouchent sur des compétences réellement valorisables. À mesure que de nouvelles cohortes arrivent sur le marché du travail, le succès de ces investissements ne se mesurera plus au seul nombre d’écoles construites ou d’enseignants recrutés, mais à la capacité du système à rapprocher enfin formation, compétences et emploi.

Félicien Houindo Lokossou

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12/12/2025 - Insertion professionnelle : la Côte d’Ivoire vise plus de 152 000 jeunes en 2026

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