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Après 21 ans, l’Afrique du Sud relance la production de vaccin contre la fièvre aphteuse

  • Date de création: 10 février 2026 03:24

(Agence Ecofin) - En Afrique du Sud, l’élevage contribue à 41 % du PIB agricole et fait vivre plus de 500 000 personnes. La fièvre aphteuse est l’un des principaux défis du secteur dans la nation arc-en-ciel depuis plusieurs années.

En Afrique du Sud, le Conseil de la recherche agricole (ARC), organisme public chargé de la recherche et du développement agricole, a annoncé le 6 février dernier avoir produit un lot de 12 900 doses multisouches de vaccin contre la fièvre aphteuse (FMD). Cette maladie virale hautement contagieuse touche principalement les ruminants, provoquant chez eux des lésions buccales et plantaires, ainsi qu’une forte baisse de la productivité.

L’information rendue publique par un communiqué du ministère de l’Agriculture marque la relance d’une industrie locale consacrée à la fabrication de ce type de vaccin après deux décennies d’interruption.

Un système de production à l’arrêt depuis 21 ans

Dans la nation arc-en-ciel, la production locale de vaccins contre la fièvre aphteuse avait été en effet interrompue depuis 2005. Selon les données officielles, la principale raison avancée était l’obsolescence des infrastructures et des technologies utilisées à l’époque à l’Institut vétérinaire d’Onderstepoort. Les installations ne répondaient plus aux normes internationales de qualité et de sécurité, indispensables pour fabriquer des vaccins sûrs et efficaces.

Cette situation avait conduit l’Afrique du Sud à dépendre entièrement des vaccins importés, limitant sa capacité à réagir rapidement à l’apparition de nouveaux foyers de FMD et augmentant la vulnérabilité du secteur de l’élevage. La relance de la production locale ouvre donc la voie à l’autonomie vaccinale.

Selon l’ARC, la relance de la production locale est le fruit de plus de deux décennies de recherche et d’investissements gouvernementaux, ainsi que de la modernisation des infrastructures locales pour satisfaire aux normes de qualité et de sécurité. « Ce premier lot représente de nombreuses années de recherche et d’engagement. Bien que la production soit encore à petite échelle, elle montre que l’Afrique du Sud a la capacité de développer des vaccins sûrs et efficaces qui répondent aux normes réglementaires et aux défis locaux de la maladie », déclaré Faith Peta, membre de l’équipe de production de l’ARC qui se confiait au média local Farmers’s Weekly.

Selon le ministère de l’Agriculture, il est prévu que le premier lot de vaccin soit distribué à travers six provinces à savoir l’État libre, le cap oriental, le Nord-Ouest, le Gauteng, le Limpopo et Mpumalanga.

Un impératif face à une épizootie difficile à maîtriser

Cette annonce est une bouffée d’oxygène pour le secteur de l’élevage. Selon les données du ministère de l’Agriculture, huit des neuf provinces d’Afrique du Sud sont désormais confrontées à une recrudescence de l’épizootie de fièvre aphteuse (FMD), affectant aussi bien les exploitations commerciales que communautaires depuis 2025. L’épizootie actuelle aurait débuté en 2021 et à ce jour seule la province du Cap-Nord reste, pour l’heure, épargnée.

Plus récemment, en novembre 2025, le gouvernement a annoncé la mise en œuvre d’une stratégie globale de vaccination de l’ensemble du cheptel bovin contre la maladie. Une initiative qui devrait amener le pays à importer davantage de vaccins.

Les autorités évaluaient par exemple le coût des besoins en vaccins pour l’exercice financier 2025/2026 à près de 1,2 milliard de rands (75,5 millions $). Toutefois avec la relance de la production locale, Pretoria espère progressivement réduire sa dépendance aux importations au cours des prochaines années. Elle devrait également permettre d’accélérer les capacités de réponse et d’optimiser la prise en charge des animaux via les campagnes de vaccination.

À partir de mars 2026, il est d’ailleurs prévu que l’ARC soit en mesure de fournir 20 000 doses par semaine de son vaccin et par la suite 200 000 doses par semaine à partir de 2027. Pour combler le déficit pendant la montée en puissance programmée de la production locale, le ministère de l’Agriculture a déclaré avoir pris des mesures pour sécuriser l’approvisionnement auprès des partenaires étrangers, notamment le Botswana Vaccine Institute (BVI), l’entreprise pharmaceutique vétérinaire Biogénesis Bagó en Argentine et la société Dollvet basée en Turquie, afin d’assurer un flux régulier.

« Le BVI a confirmé la livraison de 700 000 doses de vaccin FMD d’ici fin février 2026. Cela sera suivi par des livraisons mensuelles de 700 000 doses en avril, mai et juin. Biogénesis Bagó d’Argentine fournira bientôt un million de doses, avec cinq millions supplémentaires attendues en mars 2026. Le vaccin Dollvet de Turquie [1,5 million de doses] devrait arriver dans le pays la troisième semaine de février 2026, suivi d’un deuxième lot de cinq millions de doses en mars 2026 », souligne le communiqué.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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27/11/2025 - L’Afrique du Sud envisage la vaccination du cheptel bovin contre la fièvre aphteuse

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