Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Le Nigeria compte mobiliser 3,5 milliards $ pour réduire les pertes post-récolte

  • Date de création: 09 septembre 2025 03:53

(Agence Ecofin) - Au Nigeria, comme dans de nombreux pays en Afrique, les pertes post-récolte constituent un frein majeur aux ambitions de sécurité et de souveraineté alimentaire. Face à cette situation, le gouvernement a élaboré une nouvelle stratégie qu’il compte déployer avec l’appui du secteur privé.

Le Programme nigérian de transformation des systèmes post-récolte (NiPHaST) est le nouveau plan prévu par Abuja dans l’optique de réduire les pertes post-récolte. L’initiative a été dévoilée par Abubakar Kyari (photo), ministre de l’Agriculture, au cours de la 16ème édition du Forum africain sur les systèmes alimentaires (AFSF), qui s’est tenue du 31 août au 5 septembre à Dakar, au Sénégal.

Le rapport de présentation du programme consulté par Agence Ecofin indique qu’il sera déployé sur une période de 10 ans et devrait mobiliser un investissement de 3,5 milliards $ pour sa mise en œuvre. Ce programme vise le renforcement des systèmes de stockage à travers l’amélioration des infrastructures de stockage existantes au niveau des ménages, des entrepôts communautaires et des réserves stratégiques nationales qui seront gérés dans le cadre de partenariats public-privé prévu à cet effet.

Il prévoit également l’amélioration de l’accès à des technologies comme les chambres froides solaires dont l’application à grande échelle est encore limitée. « Le programme NiPHaST permettra de stabiliser les prix alimentaires, d’assurer la disponibilité, l’accessibilité et l’abordabilité des denrées de base, d’améliorer les systèmes de stockage et d’atteindre la souveraineté alimentaire nationale », explique M. Kyari. Les interventions cibleront en priorité des filières agricoles stratégiques, notamment les céréales, les légumineuses, les racines et tubercules ainsi que les légumes.

Alors que l’intégration du secteur privé dans ce nouveau programme devrait permettre de stimuler les investissements dans la chaîne de valeur du stockage, plusieurs défis structurels restent à surmonter pour susciter leur intérêt.

D’après la FAO, les acteurs économiques qui envisagent de s’investir dans le développement de la chaîne du froid en Afrique subsaharienne sont souvent confrontés à d’énormes difficultés, parmi lesquelles le manque d’accès à une énergie électrique fiable et peu coûteuse, des problèmes de maintenance en rapport avec le manque d’une main-d’œuvre qualifiée spécialisée dans le développement et le matériel de la chaîne du froid.

La difficulté d’accès au financement est aussi identifiée comme un frein majeur au développement du secteur. « Les banques nigérianes comprennent mal le secteur de la chaîne du froid, ce qui rend difficile l’obtention de prêts pour les acteurs comme nous. La chaîne du froid fait partie intégrante de l’agriculture et, sans investissements adéquats, la croissance et le potentiel du secteur sont fortement limités », soulignait pour sa part Alexander Isong, président de l’Organization for Technology Advancement of Cold Chain in West Africa (OTACCWA), qui s’exprimait sur le sujet en avril dernier..

L’enjeu d’un renforcement des systèmes de stockage à l’échelle nationale est d’autant plus stratégique quand on sait que les pertes post-récolte au Nigeria ont été évaluées à près de 10 milliards $ en 2024, selon les données officielles.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA 

Lire aussi:

22/04/2025 - Le Nigeria doit renforcer sa chaîne de froid pour mieux gérer les pertes post-récolte (OTACCWA)

21/03/2024 - Côte d’Ivoire : le gouvernement prévoit un projet de 178 millions $ pour réduire les pertes post-récolte

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...