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Le Nigeria doit renforcer sa chaîne de froid pour mieux gérer les pertes post-récolte (OTACCWA)

  • Date de création: 22 avril 2025 12:58

(Agence Ecofin) - Comme la plupart des pays africains, le Nigeria reste un importateur net de denrées alimentaires. Alors que le pays ambitionne d’inverser cette tendance, les pertes post-récolte représentent un frein majeur à la réalisation de ses objectifs en matière de souveraineté et de sécurité alimentaires.

Le Nigeria doit se doter d’au moins 5 000 camions frigorifiques et de 100 chambres froides d’une capacité de 500 tonnes chacune pour mieux gérer la problématique des pertes post-récolte. C’est ce qu’a confié Alexander Isong, président de l’Organization for Technology Advancement of Cold Chain in West Africa (OTACCWA), à l’Agence nigériane de presse, le dimanche 20 avril.

Cette recommandation est un appel à l’investissement, autant de la part du secteur public que privé, pour renforcer une chaîne du froid encore insuffisamment développée. « Nous avons de très petites chambres froides qui ne suffisent même pas à effleurer le problème. Les seuls produits bénéficiant d’un peu de stockage frigorifique sont les poissons importés », explique le responsable.

Cette intervention s’inscrit dans un contexte où le pays d’Afrique de l’Ouest déplore chaque année des pertes économiques évaluées à 3 500 milliards de nairas (2,2 milliards $) en raison des pertes post-récolte, qui concernent entre 30 et 50 % de la production agricole du pays.

D’après la FAO, plusieurs obstacles peuvent freiner le développement de la chaîne du froid au Nigeria, comme dans les pays en développement, notamment le manque d’accès à une énergie fiable et moins coûteuse ainsi que l’absence de financement pour soutenir les investissements dans le secteur.

« Les banques nigérianes comprennent mal le secteur de la chaîne du froid, ce qui rend difficile l’obtention de prêts pour les acteurs comme nous. La chaîne du froid fait partie intégrante de l’agriculture et, sans investissements adéquats, la croissance et le potentiel du secteur sont fortement limités », rappelle M. Isong.

Si le renforcement de la logistique et de la chaîne du froid constitue, selon l’OTACCWA, un levier essentiel pour réduire les pertes post-récolte, la problématique reste néanmoins un peu plus complexe.

D’après l’organisme onusien, les causes sous-jacentes de ce phénomène incluent également l’adoption de pratiques post-récolte inadaptées, l’insuffisance ou la mauvaise qualité des outils, des équipements et des matériaux d’emballage, ainsi qu’un accès limité aux marchés. Pour améliorer durablement la gestion des pertes post-récolte, des investissements ciblés dans l’ensemble de ces domaines sont indispensables.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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