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Le Niger certifie toujours plus d’agents de santé, mais le déficit s’enlise

Le Niger certifie toujours plus d’agents de santé, mais le déficit s’enlise
  • Date de création: 02 septembre 2026 15:48

(Agence Ecofin) - Face à un déficit chronique de personnel de santé qui le place parmi les pays les moins dotés d’Afrique, le Niger intensifie la certification de nouveaux professionnels. Malgré ces efforts, le pays demeure encore loin des standards recommandés par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Depuis 2011, le Niger augmente chaque année le nombre de soignants certifiés grâce à l’Examen unique de certification en santé (EUCES), sans parvenir à résorber son retard en ressources humaines. C’est dans ce contexte que le colonel-major Garba Hakimi, ministre de la Santé, a installé, lundi 31 août à Niamey, la commission nationale chargée d’organiser l’édition 2026 de cet examen.

D’après des informations rapportées par l’Office national d’édition et de presse (ONEP), la session 2026 réunira 9 143 candidats issus de 60 établissements publics et privés. La progression est franche. La session 2025 avait mobilisé 8 910 candidats, avec un taux de réussite de 88,99 %. Un bond depuis les 85,40 % enregistrés en 2023, selon les données officielles. L’EUCES élargit ainsi chaque année le vivier de compétences disponibles.

Cette montée en puissance n’est toutefois pas perceptible dans les chiffres de couverture. L’Organisation mondiale de la Santé (OMS) recense 0,25 agent pour 1 000 habitants au Niger. C’est le plus faible ratio du continent. Un forum national tenu à Niamey en novembre 2024 a mis en lumière l’ampleur du fossé. Le pays comptait alors 1 médecin pour 16 647 habitants. Le seuil minimal de l’OMS est de 44,5 soignants pour 10 000 personnes.

Une couverture toujours insuffisante

Trois mécanismes absorbent les nouveaux diplômés avant qu’ils ne renforcent le système. La croissance démographique rapide neutralise une partie des gains. L’émigration du personnel qualifié prive le pays de ses talents formés. La difficulté à déployer les agents en zone rurale creuse les inégalités d’accès. Un Nigérien vit à plus de cinq kilomètres d’une structure de santé, selon une étude de la banque mondiale publiée en 2022.

Le plan sanitaire 2022-2026 vise à doubler la densité de personnel qualifié. L’objectif est de passer de 0,4 à 0,8 soignant pour 1 000 habitants. L’écart avec la cible révèle la limite de l’approche formation prise isolément. Certifier plus est insuffisant si les diplômés ne restent pas dans le système ou s’ils sont répartis de manière inégale sur le territoire.

Cette session arrive alors que le continent tout entier fait face à une pénurie sans précédent. Selon l’OMS Afrique, le continent devrait encore manquer d’environ 5,85 millions de professionnels de santé d’ici 2030, malgré une révision à la baisse des projections de 2025. L’enjeu n’est plus seulement de former plus. Il faut transformer ces certifications en présence effective sur le terrain.

Félicien Houindo Lokossou

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