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Nigeria: Qui est Bashir Ojulari, le nouveau PDG de la compagnie publique du pétrole ?

  • Date de création: 02 avril 2025 17:48

(Agence Ecofin) - Le 2 avril 2025, Bashir Ojulari prend les rênes de la Nigerian National Petroleum Company Limited (NNPC) à un moment charnière pour l’industrie pétrolière nigériane. Nommé par le président Bola Tinubu, cet ancien cadre de Shell est appelé à restructurer l’entreprise publique et à redonner confiance aux investisseurs.

Diplômé en génie mécanique de l’Ahmadu Bello University de Zaria, en 1989, Bashir Ojulari (photo) a commencé sa carrière comme ingénieur chez Elf Petroleum Nigeria avant de rejoindre Shell en 1991, où il a passé trois décennies à gravir les échelons. Son parcours au sein de la major anglo-néerlandaise lui a permis d’acquérir une expertise pointue en production, planification stratégique et gestion d’actifs.

Il a occupé des postes clés au Nigeria, aux Pays-Bas, à Oman et au sein du siège de Shell, avant de devenir directeur du développement chez Shell Nigeria en 2010, puis directeur général de Shell Nigeria Exploration and Production Company (SNEPCo) en 2015. Son leadership a été déterminant dans la gestion des actifs offshore et la transition énergétique de l’entreprise au Nigeria.

Après avoir quitté Shell en 2021, il a fondé BAT Advisory and Energy Company Nigeria Ltd, une société de conseil en énergie, puis a rejoint Renaissance Africa Energy Company en tant que vice-président exécutif et directeur des opérations. Son mandat chez Renaissance a coïncidé avec l’acquisition d’un actif de Shell Nigeria, renforçant son rôle dans la reconfiguration du secteur énergétique nigérian.

Son expérience en gestion d’actifs et en optimisation de portefeuilles sera cruciale pour la NNPC, alors que la compagnie vise une production accrue et une meilleure rentabilité. La mission confiée à Ojulari est stratégique : restructurer l’organisation, maximiser la valeur des ressources pétrolières du pays, améliorer la transparence et attirer de nouveaux investissements.

Sous la précédente direction, la NNPC avait annoncé des engagements d’investissement de 17 milliards de dollars en 2024, avec une ambition d’atteindre 30 milliards d’ici 2027 et 60 milliards à l’horizon 2030. Tinubu attend du nouveau patron de la NNPC, une accélération des réformes et une meilleure performance des actifs nationaux.

Quid de l’épineuse question des raffineries publiques ?

Parmi les défis qui l’attendent, la relance des raffineries publiques occupe une place centrale. Depuis des décennies en effet, le Nigeria importe la majeure partie de ses produits pétroliers raffinés en raison de l’état défectueux de ses infrastructures, d’une capacité combinée de 445 000 barils par jour. L’objectif est d’atteindre 200 000 barils de pétrole raffiné par jour d’ici 2027 et 500 000 d’ici 2030, un point sur lequel son prédécesseur Mele Kyari a échoué. C’est d’ailleurs l’un des principaux axes de sa mission étant donné que l’administration précédente a échoué à relancer l’industrie du raffinage dès 2023, comme elle l’a promis à sa prise de fonction en juillet 2019.

Un rapport publié au second trimestre de 2023 montrait en l’occurrence que sur les 10 années précédentes plus de 25 milliards de dollars avaient été investis dans la relance des quatre raffineries du pays. Mais aucun résultat satisfaisant n’en a été obtenu. L’année dernière, la possibilité d’une privatisation partielle des raffineries a été envisagée afin d’attirer des investisseurs privés et garantir une gestion plus efficace. Le projet est toujours en étude.

La faiblesse des capacités de raffinage a accentué la dépendance du pays (qui figure pourtant parmi les principaux producteurs de pétrole en Afrique), aux importations de produits pétroliers raffinés qui grèvent les finances publiques et accentuent les pénuries de devises.

La diversification gazière constitue un autre enjeu majeur pour la nouvelle équipe. La NNPC ambitionne de faire du Nigeria un hub gazier en Afrique de l’Ouest, ce qui nécessite des investissements massifs et une approche innovante. La nomination d’Ojulari connu pour son pragmatisme et sa vision stratégique, marque donc un tournant.

Son expérience dans la gestion d’actifs offshore et onshore, ainsi que sa capacité à mener des transformations complexes, font de lui un choix logique pour diriger la NNPC. Reste à voir s’il pourra surmonter les obstacles systémiques qui ont freiné ses prédécesseurs et redonner à la NNPC le leadership qu’elle ambitionne de montrer sur la scène énergétique mondiale.

Olivier de Souza

Édité par Wilfried ASSOGBA 

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