(Agence Ecofin) - En Côte d’Ivoire, comme dans la majorité des pays d’Afrique de l’Ouest, il n’y a pas encore de production primaire d’engrais chimique. Le pays doit recourir aux importations à la fois pour répondre à la demande domestique et pour alimenter les marchés de l’hinterland à travers les réexportations.
789 500 tonnes. C’est le volume d’engrais chimique importé par la Côte d’Ivoire en 2025, selon les données compilées par le Centre international de développement des engrais (IFDC) dans un rapport publié le 14 août 2026. Ce volume affiche une hausse de 38 % sur un an et constitue un nouveau record, dépassant largement le précédent pic de 613 527 tonnes enregistré en 2023.
Pour expliquer cette dynamique, l’IFDC met en avant la reprise de la demande dans un contexte de détente des prix internationaux des engrais depuis 2023, après le renchérissement exceptionnel enregistré en 2022. « Cette amélioration des conditions d’approvisionnement a permis aux importateurs de constituer d’importants stocks et de mieux répondre aux besoins du marché national », souligne le rapport.
Il convient de noter que la croissance des achats effectués sur le marché international tient principalement à la forte progression enregistrée au niveau de la consommation sur le marché domestique.
En effet, la consommation apparente d’engrais en Côte d’Ivoire a atteint 593 107 tonnes en 2025, en hausse de 41 % d’une année sur l’autre, alors que les volumes réexportés vers les pays de l’hinterland en l’occurrence le Mali et le Burkina Faso, ont chuté de 2 % pour s’établir à 207 791 tonnes.
Le cacao et le coton tirent la demande sur le marché intérieur
La progression de la consommation apparente s’explique notamment par le dynamisme de la demande dans deux des principales cultures d’exportation du pays, en l’occurrence le cacao et le coton. À eux deux, ces filières ont absorbé plus de 287 250 tonnes d’engrais, soit près de la moitié de la consommation apparente enregistrée en 2025.
La dynamique dans le cacao est favorisée par « la hausse du prix garanti du cacao, étant passé à 2 800 FCFA/kg en octobre 2025, contre 1 800 FCFA/kg en 2024. Cette amélioration substantielle a contribué à accroitre les revenus des producteurs et à favoriser davantage d’investissements dans l’utilisation des engrais », souligne l’IFDC.
Des prix mondiaux plus élevés pourraient peser en 2026
La dynamique observée en 2025 pourrait cependant être confrontée à un environnement international moins favorable en 2026. En effet, la Banque mondiale prévoit une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais en 2026 sous l’effet des perturbations du transport maritime au Moyen-Orient liées au conflit persistant entre les États-Unis, Israël et l’Iran depuis fin février 2026.
L’urée qui est l’engrais azoté le plus utilisé au monde est le plus concernée. Selon l’institution financière, son prix pourrait atteindre en moyenne 675 $ la tonne en 2026, soit près de 60 % de plus qu’en 2025. Les tensions sur les approvisionnements, les éventuelles restrictions à l’exportation de certains grands producteurs et le renchérissement des prix du gaz naturel, principal intrant de l’ammoniac utilisé pour produire l’urée, figurent parmi les principaux risques identifiés.
Pour la Côte d’Ivoire, ce changement de contexte peut se traduire par une augmentation des coûts des approvisionnements pesant ainsi sur la capacité des opérateurs à maintenir les niveaux d’importation et de réexportation observés. Il convient de noter que l’urée a représenté environ 20 % de la consommation apparente d’engrais chimique dans l’agriculture ivoirienne en 2025, selon l’IFDC.
Stéphanas Assocle
Édité par Wilfried ASSOGBA
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