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Ghana : un projet de production d’engrais organiques de 10 millions $ en gestation

Ghana : un projet de production d’engrais organiques de 10 millions $ en gestation
  • Date de création: 31 juillet 2026 19:43

(Agence Ecofin) - Les engrais chimiques constituent un intrant essentiel pour améliorer les rendements agricoles. Au Ghana, la volonté de réduire la dépendance aux engrais importés, ouvre des opportunités pour les investissements dans les fertilisants organiques.

Au Ghana, l’entreprise Omanbapa AgriTech a signé le 28 juillet un protocole d’accord avec le ministère de l’Alimentation et de l’Agriculture en vue de la construction d’une usine de fabrication d’engrais organiques. Évalué à 10 millions $, le projet prévoit l’implantation d’une unité industrielle sur un site qui reste à définir entre les régions d’Ashanti et d’Ahafo.

Selon un communiqué publié par l’entreprise il est prévu que le projet commencera par l’installation d’une unité de mélange avant de s’étendre à une usine de transformation complète pour fabriquer localement des engrais organiques destinés au marché ghanéen, avec une ambition à terme de desservir également les marchés régionaux.

L’usine une fois mise en place devrait disposer d’une capacité initiale de production comprise entre 20 000 et 30 000 tonnes par an, avant une montée en puissance prévue à 60 000 tonnes annuelles. Pour son approvisionnement en matière première, elle utilisera des résidus agricoles, tels que les spathes de maïs et d’autres déchets de cultures.

Un contexte favorable aux investissements dans les engrais organiques

Ce projet intervient alors que le marché mondial des fertilisants est sous tension depuis le début de l’année sur fond de conflit au Moyen-Orient. Dans son rapport Commodity Markets Outlook publié en avril dernier, la Banque mondiale prévoit une hausse de plus de 30 % des prix mondiaux des engrais en 2026, sous l’effet des perturbations du transport maritime dans le détroit d’Ormuz, un corridor stratégique par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime mondial de fertilisants, soit environ 16 millions de tonnes par an.

L’institution souligne notamment que le prix de l’urée, l’engrais azoté le plus utilisé dans le monde, pourrait progresser de près de 60 % cette année par rapport à 2025. Une telle évolution devrait maintenir les coûts de production à un niveau élevé pour les agriculteurs des pays importateurs, tout en renforçant l’intérêt pour des solutions alternatives, notamment les engrais organiques produits localement à partir de résidus agricoles.

Au-delà de la substitution aux engrais chimiques importés, le projet d’Omanbapa AgriTech pourrait également contribuer à valoriser les déchets agricoles, créer de nouveaux débouchés pour les producteurs et soutenir l’émergence d’une filière locale des biofertilisants. Son impact dépendra toutefois de la capacité des promoteurs à produire des volumes compétitifs et à convaincre les exploitants d’adopter ces intrants à plus grande échelle, dans un marché où les engrais minéraux demeurent largement dominants.

L’enjeu pour le Ghana est de réduire son exposition aux importations d’engrais chimiques. Selon les données compilées par le Centre international pour le développement des engrais (IFDC), la consommation apparente d’engrais chimique du pays s’est établie à environ 404 000 tonnes par an en moyenne entre 2019 et 2023.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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