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Ce qu’il faut savoir sur la filière anacarde en Guinée en 4 points clés

  • Date de création: 30 avril 2025 06:42

(Agence Ecofin) - Félix Lamah, ministre guinéen de l’Agriculture et de l’Élevage a été désigné président tournant du Conseil international consultatif du Cajou (CICC) qui regroupe 10 autres pays membres, samedi 26 avril dernier. Cette nomination propulse la Guinée au centre des décisions de l’instance intergouvernementale. Pour le pays qui a rejoint l’organisation en 2017, il s’agit d’un coup de projecteur sur sa filière anacarde. Voici 4 choses à savoir sur la dynamique de ce secteur en Guinée. 

Une filière qui occupe 150 000 personnes

En Guinée, la filière anacarde joue un important rôle socio-économique notamment en milieu rural. Depuis 2019, 150 000 producteurs sont impliqués dans la culture du fruit à coque. Selon les données recueillies par le CICC, les plantations d’anacarde dans le pays couvrent une superficie totale d’environ 200 000 hectares. Cette surface est essentiellement répartie en Haute Guinée dans des régions frontalières de la Côte d’Ivoire (Kankan, Siguiri, Mandiana, Dabola-Kouroussa) et la Guinée Maritime (Boké) frontalière de la Guinée-Bissau.

La 7e production la plus importante d’Afrique de l’Ouest

S’il est encore un petit poucet dans la filière anacarde sur le plan africain, le pays se situe cependant dans le top 10 régional. D’après les données compilées par le service indépendant de conseil commercial N’Kalô, la filière guinéenne a récolté 125 000 tonnes d’anacardes en 2023 et 106 000 tonnes en 2024, ce qui en fait le 7ᵉ producteur ouest-africain, derrière la Côte d’Ivoire, le Nigeria, la Guinée-Bissau, le Bénin, le Ghana et le Burkina Faso. Cela représente une progression par rapport aux années précédentes, soutenue par des politiques de relance agricole et l'engagement croissant des producteurs ruraux. Selon les données de l’Institut national de la statistique (INS), la récolte guinéenne de cajou ne se chiffrait en moyenne qu’à 52 000 tonnes entre 2014 et 2018.

Premier produit agricole d’exportation du pays

En Guinée, l’anacarde représente le premier produit agricole d’exportation devant le cacao et les poissons congelés. Selon la plateforme Trade Map, le pays a exporté 79 739 tonnes de noix d’une valeur de 73,4 millions $ sur le marché international. Cependant, le pays pourrait encore faire mieux.

D’après le Centre du commerce international (ITC) la filière guinéenne ne réalise que 36 % de son potentiel d’exportation vers le marché international. L'organisation estime que le pays est en mesure d’exporter pour près de 192 millions $ par an d’anacarde, si des efforts supplémentaires sont fournis pour développer le secteur, en particulier sur le segment de la transformation.

GraphiqueProduits d’exportations de la Guinée classés par rang d’importance

Un taux de transformation inférieur à 5 %

En Guinée, comme dans la majorité des pays producteurs d’Afrique de l’Ouest, exception faite de la Côte d’Ivoire et du Bénin, la transformation d’anacarde reste encore faiblement développée. La majorité de la récolte est exportée à l'état brut, principalement vers l'Inde et le Vietnam, limitant ainsi la création de valeur ajoutée sur place.

Les données compilées par N’Kalô indiquent que seulement 1 500 tonnes de noix de cajou ont été transformées par la filière en 2024, ce qui représente moins de 1,4 % de la production. Dans le pays, le segment de la transformation est principalement dominé par la société Diaouné Agro-Industrie.

Après le lancement en 2019 de la première usine de transformation du pays, dotée d’une capacité de traitement de 10 000 tonnes de noix, l’entreprise a annoncé en mars 2024 son intention d’injecter 11 millions $ dans la construction d’une deuxième usine de même capacité, de quoi renforcer l’industrie locale.

Stéphanas Assocle

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18/04/2025 - Côte d’Ivoire : la filière anacarde à 80 % de son objectif de transformation en 2025

01/04/2025 - Mali : la filière anacarde face au défi du respect du prix plancher

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