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Hausse des cours du cacao : le rendez-vous manqué de la filière ghanéenne en 2024

  • Date de création: 30 janvier 2025 08:07

(Agence Ecofin) - Au Ghana, la culture du cacao est l’apanage de 800 000 producteurs et la filière génère 10 % du PIB.  La dernière campagne écoulée a été tumultueuse pour l’ensemble des acteurs du secteur.

2024 aurait pu être marquée par un niveau historique pour les recettes tirées du cacao au Ghana, elle a surtout été celle d’un rendez-vous manqué. Selon un rapport de la Banque centrale du Ghana (BoG) publié le 24 janvier, les exportations d’or brun ont généré 1,69 milliard $ entre janvier et décembre 2024. Cette enveloppe est en baisse d’environ 21 % par rapport à la valeur enregistrée un an plus tôt sur la même période (2,15 milliards $).

Selon les données de l’institution financière compilées par l’Agence Ecofin, il s’agit de la première fois que la filière voit ses recettes descendre sous la barre des 2 milliards $ sur les 10 dernières années.

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Cette contreperformance s’inscrit paradoxalement dans un contexte où les cours du cacao n’ont jamais été aussi élevés dans un contexte de baisse de la récolte et d’un 3e déficit consécutif sur le marché mondial. D’après les données de la BoG, la tonne de cacao a atteint en moyenne 10 869 $ durant le mois de décembre 2024, soit plus que le double du niveau de janvier (4 456 $).

Selon les analystes, la baisse des recettes est la conséquence de la mauvaise récolte qui a pénalisé les exportations et n’a pas permis au pays de tirer profit de la flambée des prix.

En effet, sur la campagne cacaoyère 2023/2024, la production cacaoyère a atteint 425 000 tonnes, soit son plus bas niveau depuis 23 ans. Dans les plantations réparties sur l’ensemble du territoire, les cacaoyers ont été confrontés non seulement aux affres du climat, mais également à plusieurs maladies comme le Swollen Shoot qui a lourdement pesé sur la productivité.

Le tableau a été assombri par le fléau de la contrebande qui a siphonné 160 000 tonnes de cacao selon le régulateur de la filière ainsi que par l’exploitation minière illégale, qui a rendu plusieurs hectares de parcelles inexploitables. Cette situation a forcé les autorités qui avaient prévu une récolte de 850 000 tonnes en début de saison à reporter la livraison de 370 000 tonnes de cacao pour la saison 2024/2025.

Pour l’heure, les données sur les volumes d’exportation ne sont pas disponibles. Toutefois, si on considère que de manière ordinaire, le pays exporte entre 70 et 80 % de sa récolte, certains analystes estiment que le volume global expédié pourrait être compris entre 297 500 et 340 000 tonnes.

D’autres observateurs de leur côté préfèrent jouer la prudence face aux chiffres de commercialisation d’autant plus que depuis la campagne 2018/2019, le Cocobod n’a plus rendu publics ses rapports annuels qui permettaient d’avoir une vue d’ensemble de l’ensemble des chiffres de la production et de la commercialisation.

Quoi qu’il en soit, la campagne 2024/2025 actuellement en cours s’annonce plus prometteuse pour la filière qui anticipe désormais 617 500 tonnes de cacao contre des prévisions initiales de 810 000 tonnes. Avec des prix mondiaux qui sont au-delà des 10 000 $ depuis le début d’année, certains estiment que l'ex-Gold Coast pourrait voir ses recettes s’améliorer cette année.

Espoir Olodo

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29/01/2025 - Côte d’Ivoire : la récolte intermédiaire de cacao attendue à son plus bas en 15 ans

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