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Égypte : les universités privées au service de l’égalité des chances

Égypte : les universités privées au service de l’égalité des chances
  • Date de création: 27 août 2026 10:56

(Agence Ecofin) - Comme ailleurs sur le continent, l’accès à l’enseignement supérieur en Égypte reste hors de portée pour les familles les plus vulnérables. Le gouvernement tente de corriger ce déséquilibre en mobilisant un nouvel acteur.

En Égypte, les meilleurs résultats scolaires ne suffisent pas toujours à ouvrir les portes de l’enseignement supérieur pour les élèves issus de familles modestes. Pour lever cet obstacle financier, le ministère de l’Enseignement supérieur et la Banque centrale ont lancé, mardi 25 août, la bourse « Future Scientists », destinée à financer l’accès d’élèves modestes aux universités privées.

Le dispositif s’adresse à deux catégories d’élèves. D’un côté, les lycéens issus de familles bénéficiaires de « Takaful et Karama », l’initiative de protection sociale qui couvre 22 millions d’Égyptiens. De l’autre, les élèves dispensés de frais de scolarité par le ministère de l’Éducation en 2025-2026. Dans les deux cas, les candidats doivent être bacheliers d’un établissement public et réussir un test d’admission après la présélection. Les candidatures seront ouvertes du 29 août au 2 septembre sur la plateforme officielle du programme.

Un engagement encadré

La prise en charge est intégrale. Frais de scolarité, logement et dépenses de vie sont couverts jusqu’à l’obtention du diplôme. En contrepartie, les boursiers doivent maintenir une moyenne de 3,0 sur 4 à partir de la deuxième année. Tout manquement entraîne la suspension immédiate de la bourse et le remboursement des sommes perçues. Les lauréats ne peuvent ni changer de filière ni cumuler cette aide avec une autre. Pour recevoir leurs allocations, ils devront chacun ouvrir un compte dans un établissement agréé par la Banque centrale.

Les filières proposées reflètent les priorités stratégiques du pays. Médecine, ingénierie, informatique et intelligence artificielle, sciences infirmières, arts appliqués, agriculture, tourisme et archéologie sont concernés. Les places sont réparties par gouvernorat, avec possibilité de postuler dans une région voisine si la filière souhaitée n’est pas disponible localement.

Entre ambition et limites structurelles

La participation de la Banque centrale élargit son rôle au-delà de ses missions monétaires traditionnelles. Le budget de protection sociale pour 2025-2026 atteint 742,6 milliards de livres égyptiennes, soit environ 14,8 milliards de dollars. Sur cette enveloppe, 55 milliards de livres égyptiennes (environ 1,1 milliard de dollars) sont allouées à « Takaful et Karama », soit 40 % de plus que l’exercice précédent. Une mobilisation qui traduit la volonté de faire de la protection sociale un levier de développement humain, au-delà du simple filet de sécurité.

Ces ambitions butent pourtant sur des limites structurelles que les chiffres rendent difficiles à ignorer. Selon le think tank Arab Reform Initiative, 48 % de la population rurale de Haute-Égypte ne couvre toujours pas ses besoins essentiels. Les transferts mensuels du programme, compris entre 517 et 920 livres égyptiennes (10,29 et 18,31 dollars), restent en deçà du seuil national de pauvreté. C’est précisément cet écart que « Future Scientists » cherche à combler, en offrant aux enfants de ces familles ce que « Takaful et Karama » ne leur garantit pas encore, un accès à l’université privée et une chance réelle de mobilité sociale.

Félicien Houindo Lokossou

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