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Afreximbank : une assemblée générale 2025 de transition après des décennies de résilience

  • Date de création: 25 juin 2025 16:03

(Agence Ecofin) - Identifier les acquis des décennies de résilience, désigner un nouveau président, fixer les objectifs pour des périodes à venir marquée par des incertitudes. La rencontre qui se déroule en ce moment à Abuja au Nigéria est bien plus qu’une simple assemblée annuelle.

Ce mercredi 25 juin 2025 à Abuja, au Nigéria, ont débuté les activités marquant la 32ᵉ Assemblée générale de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank), dans un contexte de transition au sommet de sa hiérarchie et d’évolution des priorités internationales en matière de financement du développement.

« Le paysage économique mondial évolue rapidement, et l’Afrique doit continuer à tracer sa propre voie, fondée sur la confiance en soi, l’intégration plutôt que l’isolement, la production plutôt que la dépendance, et la collaboration plutôt que la fragmentation. Cette semaine, sachons tirer pleinement parti de notre temps. Ne nous contentons pas de réfléchir à ce qui a été accompli, mais surtout, imaginons l’avenir », a déclaré Ato Baah Forson, ministre ghanéen des Finances, lors de son discours d’ouverture.

En tant que président de l’assemblée générale annuelle de 2025, le ministre ghanéen est chargé de conduire les discussions devant aboutir à la désignation du successeur du Nigérian Benedict Oramah, qui achève cette année ses deux mandats de cinq ans à la tête de l’institution. La décision est attendue en fin de semaine, au terme d’un processus entamé depuis quelques temps. Contrairement à la Banque africaine de développement, où les candidats mènent des campagnes électorales, la procédure de nomination d’un président chez Afreximbank s’apparente davantage à celle d’un directeur général d’entreprise.

Quel que soit le profil retenu, le futur dirigeant devra consolider les acquis d’une vingtaine d’années de résilience, et structurer le financement d’un commerce africain plus ambitieux, fondé sur la mise en place d’un marché unique.

Ce défi s’inscrit dans un environnement fragilisé par des crises sanitaires (comme la pandémie de Covid-19), financières et sécuritaires, qui ont mis sous pression les économies et les priorités politiques du continent.

Le ministre ghanéen a souligné que la transition sera, selon lui, multidimensionnelle. Elle devra intervenir à la fois sur le plan économique — en favorisant le commerce intra-africain, la production locale et l’intégration régionale et sur le plan institutionnel, avec des banques de développement appelées à devenir de véritables partenaires de transformation, plutôt que de simples bailleurs de fonds.

« Cette transition reflète également une évolution de la pensée stratégique, avec une attention accrue portée au long terme, à l’inclusivité et à la durabilité, tout en exprimant une volonté politique affirmée d’agir dès maintenant, de manière collective et cohérente, pour construire l’Afrique de demain », a poursuivi Ato Forson.

À plus court terme, l’un des défis d’Afreximbank sera de restaurer sa crédibilité auprès des investisseurs en capitaux. Une divergence d’interprétation sur le niveau de créances jugées à risque a conduit l’agence Fitch Ratings à abaisser la note de l’institution, le 4 juin dernier, avec perspective négative. Afreximbank estime que les créances douteuses représentent 2,33 % de son portefeuille, alors que Fitch les évalue à 7,4 %. Ce différentiel de perception, bien qu’interprété comme un risque potentiel plutôt que réel, pourrait affecter les conditions financières des futures levées de fonds.

Pour l’heure, les marchés semblent davantage sensibles aux rendements élevés offerts par les obligations d’Afreximbank qu’aux risques associés à certains pays de son portefeuille de crédit, notamment le Ghana, la Zambie et le Soudan du Sud.

Idriss Linge

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