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Uranium : les conditions du marché à terme pèsent de plus en plus sur les projets africains

  • Date de création: 25 avril 2025 11:02

(Agence Ecofin) - Selon la World Nuclear Association, la demande mondiale d’uranium devrait croître de 28% entre 2023 et 2030. Pour y répondre, plusieurs projets de production ont été annoncés ces dernières années, notamment en Afrique.  

En Afrique, plusieurs développeurs de projets d’uranium espèrent une amélioration des conditions du marché à terme, jugée indispensable à la prise de la décision finale d’investissement (FID). C’est notamment le cas de Bannerman Energy qui, dans son rapport trimestriel publié le jeudi 24 avril, indique que l’état actuel du marché mondial du combustible nucléaire ne lui permet pas encore de justifier la finalisation d’accords en vue du développement de son projet Etango en Namibie.   

« Bien que nous soyons à un stade très avancé en ce qui concerne tous les chantiers clés, nous ne voyons pas les conditions de marché appropriées pour justifier la finalisation des accords d’achat et de financement en ce qui concerne le développement d’Etango » explique Brandon Munro, DG de la compagnie australienne.  

Cette déclaration fait écho à celle de Deep Yellow le mardi 8 avril, concernant le développement de son projet Tumas, toujours en Namibie. Elle y annonçait notamment le report de la FID pour la construction de cette future mine, soulignant que le prix à long terme de l’uranium reste trop bas pour justifier le développement de nouveaux projets destinés à répondre à la demande croissante. Deep Yellow pointait notamment un prix stable à environ 80 $ la livre, inférieur au prix de référence de 82,5 $ fixé pour le développement du projet.

Bien qu’il n’ait pas conditionné cet élément à la prise de la FID pour son projet Tiris en Mauritanie, Aura Energy suit également de près l’évolution du marché à terme de l’uranium. Lors d’une récente intervention, Andrew Grove son DG, a évoqué le retrait temporaire des services publics du marché. En cause : les importants stocks qu’ils avaient constitués par le passé et qui pèsent aujourd’hui sur la dynamique du secteur. Il reste toutefois optimiste, anticipant une reprise progressive du marché une fois ces stocks écoulés. 

Il faut dire que le marché à terme revêt une importance particulière pour les compagnies minières, car il constitue la principale voie d’approvisionnement des centrales nucléaires qui demeurent les principaux acheteurs d’uranium à l’échelle mondiale. Concrètement, ce marché leur permet de conclure des contrats de vente à des prix planchers pouvant garantir la rentabilité de leurs projets.  

Alors que la World Nuclear Association anticipe une croissance de 28% de la demande mondiale d’uranium entre 2023 et 2030, les compagnies minières telles que Bannerman ou Deep Yellow cherchent à renforcer l’offre du combustible, mais avec des conditions commerciales pouvant leur permettre de planifier les investissements nécessaires au lancement de la production.

Il faut néanmoins noter que l’état du marché à terme n’est pas le seul élément qui peut retarder le développement de projets d’uranium en Afrique. La mobilisation du financement représente aussi un autre défi majeur. Certaines compagnies désireuses d’accélérer le développement de leurs projets sont actuellement bloquées à cette étape.  

Aura Energy est par exemple en discussion avec une banque de développement occidentale pour obtenir 50% à 60% des coûts de construction de la mine Tiris, estimés à 230 millions USD. Il en est de même pour Global Atomic, qui cherche, sans succès pour l’instant, à sécuriser une facilité de crédit de 295 millions USD afin de financer en partie le développement du projet nigérien Dasa.

Aurel Sèdjro Houenou

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi : 07/04/2025 - Le marché nord-américain devient une destination privilégiée de l’uranium africain

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