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Le marché nord-américain devient une destination privilégiée de l’uranium africain

  • Date de création: 07 avril 2025 16:49

(Agence Ecofin) - Au cours de la dernière décennie, la Chine et la France ont été les principales destinations de l’uranium namibien et nigérien, les deux premiers producteurs africains du métal. Avec l’émergence de nouveaux acteurs comme la Mauritanie, une diversification des clients s’opère en ce moment.

L’australien Lotus Resources a annoncé lundi 7 avril la signature d’un contrat en vue de vendre 600 000 livres d’uranium provenant de sa mine Kayelekera en Namibie, à une société nord-américaine. Cet accord illustre l’importance prise ces dernières années par le marché des États-Unis et du Canada dans les exportations africaines d’uranium.

Avec l’accord annoncé ce jour, les contrats conclus par Lotus pour la future production de sa mine Kayelekera atteignent 3,8 millions de livres à livrer sur plusieurs années, dès 2026. Ces accords impliquent des groupes basés en Amérique du Nord, à l’exception de la société de négoce Curzon Uranium, opérant depuis Londres, mais avec des clients sur le marché américain.

Outre Lotus, d’autres producteurs et futurs producteurs d’uranium opérant en Afrique ont signé des accords avec des clients nord-américains, à l’instar du canadien Global Atomic (projet Dasa au Niger) ou d’Aura Energy (Tiris en Mauritanie).

Notons que les contrats signés avec les clients sur le marché nord-américain coïncident avec l’émergence de nouveaux acteurs dans le secteur africain de l’uranium, dominé jusqu’ici par la Chine et la France. L’IFRI a rapporté que 80 % de la production d’uranium en Namibie (leader africain) a été exportée vers la Chine en 2020, contre 12 % pour le Canada et 3 % pour la France. Jusqu’en 2023, la France était par ailleurs la principale destination de l’uranium du Niger, deuxième producteur africain.

Depuis le coup d’État de juillet 2023, le français Orano a néanmoins vu ses exportations vers l’Hexagone bloquées et la situation à long terme ne devrait pas s’améliorer. Le gouvernement nigérien a en effet privé Orano du contrôle opérationnel de la seule mine d’uranium du pays, tout en lui retirant les droits sur un autre projet pas encore en production.

Outre les questions commerciales, cette reconfiguration montre que le négoce de l’uranium africain dépend aussi de la situation géopolitique dans les pays producteurs. Reste à savoir quel impact le choix des clients a sur le prix de l’uranium vendu par les producteurs et donc sur les revenus des États.

Emiliano Tossou

Lire aussi:

17/03/2025 - Lotus trouve un nouvel acheteur américain pour sa production d’uranium au Malawi

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