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Trump accuse l’Afrique du Sud de génocide sur les Blancs, réponse calme de Ramaphosa

  • Date de création: 22 mai 2025 16:27

(Agence Ecofin) - Face à ce qui ressemblait plus à une inquisition, le président sud-africain, qui préside actuellement le G20, a apporté des démentis, évoquant la préférence de son gouvernement pour le dialogue. Il a admis une criminalité croissante, demandé des outils de surveillance aux USA, et recentré les discussions sur l’économie.

Face aux accusations du président américain, Donald Trump, qui a dénoncé des prétendus actes de génocide perpétrés par des Noirs contre les populations blanches en Afrique du Sud, le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, actuellement à la présidence du G20, a adopté une posture mesurée. Il a reconnu l’existence de « problèmes » et d’une « situation rurale » difficile dans son pays, nécessitant davantage de « ressources policières » et une « stratégie différente ».

Ces accusations ont été formulées de manière virulente par Trump, lors d’une rencontre avec des journalistes à la Maison Blanche, au cours de laquelle il a présenté des vidéos censées illustrer des actes de violence en Afrique du Sud, ainsi que des articles de presse évoquant des agressions contre les Blancs.

En réponse, Cyril Ramaphosa a admis que la criminalité est en augmentation dans son pays, tout en soulignant que l’Afrique du Sud est une « démocratie multipartite » où les partis d’opposition, même minoritaires, ont le droit de s’exprimer. Il a fermement déclaré que les politiques de ces partis ne reflètent en rien celles du gouvernement. Il a également insisté sur le fait que la politique gouvernementale est « totalement à l’opposé » des allégations relayées par la Maison Blanche et ses équipes, et qu’il n’existe aucune impunité pour les crimes commis contre les Blancs en Afrique du Sud.

Evoquant Nelson Mandela, figure fondatrice de l’ANC (le parti au pouvoir), emprisonné pendant 27 ans sous le régime de l’Apartheid pour avoir défendu l’égalité des droits face à un gouvernement dominé par les Blancs, Ramaphosa a rappelé l’importance du dialogue. Il a souligné que face à des problèmes, il est essentiel de « s’asseoir autour d’une table » pour en discuter calmement.

Le président sud-africain a en outre sollicité l’aide de l’administration américaine pour acquérir des dispositifs de surveillance de pointe afin de lutter contre la criminalité et les autres formes de violence dans son pays. Par ailleurs, Ramaphosa a habilement recentré les discussions sur les questions économiques, dans un contexte de relations tendues entre les Etats-Unis et l’Afrique du Sud.

La nation arc-en-ciel a mis en avant son potentiel en matière de ressources critiques pour la défense et l’industrialisation, notamment les terres rares. Les responsables sud-africains ont rappelé que leur pays investit déjà aux USA et que des délégations des deux nations négocient pour apaiser les tensions actuelles.

Il est à noter que l’Afrique du Sud est un membre fondateur des BRICS, un groupe de pays incluant la Chine, l’Inde et la Russie, récemment élargi à des nations économiquement puissantes comme l’Arabie saoudite. Ce bloc représente désormais un contrepoids significatif à la puissance nord-américaine.

Idriss Linge

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