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Le Lac Iarivo, nouvel atout de Madagascar dans sa quête de 1 million de touristes d’ici 2028

  • Date de création: 19 juin 2025 10:14

(Agence Ecofin) - La pandémie du Covid-19 a affecté plusieurs secteurs économiques dans le monde. A Madagascar, l’effondrement des performances du secteur touristique, marqué par une baisse d’environ 80 % des arrivées en 2020, illustre parfaitement cette réalité. Quelques années plus tard, cette filière qui représentait environ 7 à 10 % du PIB avant la crise sanitaire, amorce une relance progressive, notamment portée par de nouveaux projets structurants, mais des défis demeurent.

À quelques jours du 65ᵉ anniversaire de son indépendance, Madagascar mise sur le lac Iarivo comme cadre des célébrations du 26 juin, avec notamment un grand spectacle pyrotechnique prévu sur le site. Cet événement devrait ainsi marquer la première mise en fonction officielle de ce projet lancé en 2024 et bien positionné pour soutenir la stratégie nationale visant à attirer plus d’un million de touristes par an d’ici 2028. 

Un complexe touristique au cœur d’Antananarivo

Le projet du lac Iarivo est présenté comme un complexe touristique urbain de 11 km de long. Pensé comme un vaste chantier structuré en 13 zones thématiques, le site comprendra notamment un espace public accessible, un jardin botanique, une zone commerciale, deux parcs d’exposition ainsi que le Palais du Futur et de l’Innovation, un centre dédié à l’apprentissage du numérique et à la créativité. Le gouvernement évoque aussi comme composantes « un hôtel 5 étoiles, un quai animé de restaurants, un espace de détente et de prises de vues, une zone populaire de 7 hectares avec des aires de jeux ». 

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Cet ensemble d’infrastructures s’inscrit dans une vision de « transformation urbaine » de la capitale Antananarivo. 

Cet ensemble d’infrastructures s’inscrit dans une vision de « transformation urbaine » de la capitale malgache Antananarivo, avec l’objectif d’en faire une « destination touristique moderne, inclusive et durable ». Le projet tire également parti de sa situation géographique stratégique, à quelques kilomètres seulement d’Ivato, la localité qui abrite l’aéroport international d’Antananarivo, principale porte d’entrée du pays. 

Le projet tire également parti de sa situation géographique stratégique, à quelques kilomètres seulement d’Ivato, la localité qui abrite l’aéroport international d’Antananarivo, principale porte d’entrée du pays.

Si l’achèvement du lac Iarivo constitue une priorité à court terme en vue du sommet de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), prévu en août prochain à Antananarivo, le projet s’inscrit dans une stratégie plus large de relance du secteur touristique.

« Ce sera un lieu de rencontres, de loisirs et d’échanges culturels pour tous, mais aussi pour les étrangers qui viennent visiter Madagascar. Il y aura beaucoup d’infrastructures modernes destinées à mettre en valeur la beauté de la capitale », a déclaré le président Andry Rajoelina en décembre 2024, selon des propos recueillis par la presse locale. 

« Ce sera un lieu de rencontres, de loisirs et d’échanges culturels pour tous, mais aussi pour les étrangers qui viennent visiter Madagascar. »

Le projet est également présenté par l’Etat malgache comme un levier pour stimuler l’emploi local, à travers la création d’emplois directs et indirects liés à la gestion des infrastructures, à l’artisanat et aux services touristiques. 

Un contexte de reprise de l’activité touristique

Le développement du lac Iarivo s’inscrit dans une série d’initiatives lancées par le gouvernement malgache ces dernières années pour renforcer l’attractivité touristique du pays. C’est par exemple le cas du projet du grand village artisanal, également en cours de construction à Ivato. Lancé officiellement en mai 2025, ce projet comprend 240 stands d’exposition, des ateliers de démonstration, un centre d’exposition, et un food court censé valoriser les spécialités culinaires malgaches.

En 2024, l’île a en outre inauguré le projet Miami dans la ville portuaire de Toamasina. Axé sur l’aménagement du front de mer, ce chantier vise à attirer plus d’un million de visiteurs par an, avec à la clé une hausse attendue des recettes touristiques, estimées entre 18 et 20 millions USD par an. 

En 2024, l’île a en outre inauguré le projet Miami dans la ville portuaire de Toamasina. Axé sur l’aménagement du front de mer, ce chantier vise à attirer plus d’un million de visiteurs par an.

La modernisation des infrastructures aéroportuaires constitue également une priorité. En mars 2025, un investissement de 23,5 millions d’euros (environ 27 millions USD) a été annoncé pour améliorer les équipements des aéroports d’Ivato, à Antananarivo, et de Nosy Be. Au cœur de ces dynamiques se trouve la volonté de l’État de stimuler la croissance d’un secteur touristique qui se relance peu à peu après les effets de la pandémie de Covid-19. 

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La période Covid-19 a durement touché le secteur touristique du pays.

Source : Rapport IISTE

Alors que Madagascar accueillait plus de 360 000 visiteurs internationaux en 2018, ce chiffre a baissé sous le seuil des 90 000 touristes en 2020, en pleine crise sanitaire. La contribution du secteur au PIB a elle aussi reculé, tombant à 4,4 % cette année-là, contre une moyenne de 7 à 10 % avant la pandémie. 

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Un complexe touristique urbain de 11 km de long.

Si la période post-Covid a permis une reprise progressive du secteur, avec 308 275 touristes enregistrés en 2024, l’objectif du million de visiteurs annuels semble encore éloigné. Au-delà des projets phares comme le Lac Iarivo, relever ce défi dépend en partie de la capacité des dirigeants à respecter les engagements pris.

Relever le défi de la transparence

Malgré son envergure et les ambitions qu’il véhicule, le projet du lac Iarivo suscite également des controverses à Madagascar. Pour cause, peu d’informations ont filtré concernant les détails financiers du projet, l’Etat n’ayant pour l’instant pas communiqué officiellement son coût total. Une autre zone d’ombre importante concerne les retombées économiques concrètes qu’il promet.

Le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC), une plateforme qui regroupe notamment des organisations de la société civile, a notamment tiré la sonnette d’alarme en ce sens. Selon les détails relayés par la presse locale, cette entité a soulevé des inquiétudes quant à la gestion des fonds publics alloués et sur les bénéfices attendus pour la population locale.

Par ailleurs, le respect du calendrier d’achèvement du complexe suscite aussi des commentaires. La finalisation d’un tel chantier en l’espace d’un an semble être une idée peu reçue chez certains acteurs malgaches. A titre de comparaison, le projet Miami a été achevé plus de 3 ans après le démarrage des travaux en 2020.

La réussite du projet du lac Iarivo dépendra désormais de la capacité des autorités à lever les zones d’ombre qui l’entourent, tout en respectant les délais annoncés. À l’approche du sommet de la SADC, prévu à Antananarivo en août, le site devra incarner plus qu’un symbole, mais aussi un jalon crédible d’une stratégie touristique assumée, transparente et inclusive.

Dans un contexte de relance fragile, ce type d’infrastructure ne pourra remplir son rôle que s’il bénéficie d’une gouvernance rigoureuse, d’une exécution réaliste et d’un ancrage clair dans les priorités économiques et sociales du pays.

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