Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Ghana : John Dramani Mahama promet une réforme de la filière cacao

  • Date de création: 17 décembre 2024 14:14

(Agence Ecofin) - Le cacao est la principale culture d’exportation du Ghana. Cette filière vitale pour l’économie, est gérée actuellement par l’Office du cacao (Cocobod) dont le management est critiqué aussi bien par les producteurs que par les pouvoirs publics.

Au Ghana, la filière cacao enregistrera des changements au niveau de la régulation et de la commercialisation. C’est en tout cas ce qu’a promis John Dramani Mahama (photo), le nouveau président élu dans une interview accordée à Reuters, le 13 décembre dernier.

Critiquant l’Office du cacao (Cocobod) pour son inefficacité à améliorer les revenus des producteurs, celui-ci s’est notamment engagé à restructurer l’organisme public en limitant les dépenses administratives ainsi que ses prérogatives à travers l’implication plus accrue du secteur privé.

Actuellement, le Cocobod contrôle tous les maillons au niveau de la production (fourniture de semences et plants hybrides à des prix subventionnés ainsi que de sacs pour l’emballage) et de l’exportation. « Pouvons-nous avoir une entreprise d’État qui soit le régulateur et le contrôleur de la qualité, et qui crée une opportunité où le fermier reçoit son argent directement ? », s’est interrogé le nouveau dirigeant.

Sur un autre plan, M. Mahama qui prendra ses fonctions le 7 janvier prochain, a promis de relancer la production de cacao qui a atteint 425 000 tonnes en 2023/2024, soit son plus bas depuis 23 ans et loin du pic atteint en 2020/2021 (1,04 million de tonnes).

Pour l’heure, aucun détail n’a filtré sur le calendrier de mise en œuvre des réformes annoncées. En attendant plus d’informations dans les prochains mois, les observateurs soulignent que le premier chantier de M. Mahama pourrait déjà consister à s’attaquer au malaise généré par la refonte du système de commercialisation pour la campagne 2024/2025.

En effet, en lieu et place du prêt syndiqué contracté chaque année depuis 1992 auprès des banques internationales pour acheter le cacao chez les producteurs, le Cocobod a plutôt demandé aux sociétés transnationales de payer 60 % de la valeur de leurs contrats à l’avance et de préfinancer les compagnies d’achat agréées (Licensed Buying Companies-LBCs).  

Si elle permet d’éviter le paiement d’intérêts élevés liés au prêt bancaire, cette révision a eu pour conséquence de renforcer la dépendance vis-à-vis des multinationales et de marginaliser de nombreux opérateurs.

Selon les informations relayées par Bloomberg, les entreprises comme Cargill, Olam et Barry Callebaut avancent les fonds à une poignée de LBCs qu’elles connaissent ou détiennent, ce qui exclut la majorité des acheteurs de l’intérieur du pays.

« Sur les 62 LBCs enregistrées, seulement 20 sont actives sur le marché actuellement. Dans ce total, 5 entreprises détenues par les entreprises étrangères contrôlent 60 % des opérations », souligne Victus Dzah, secrétaire exécutif de l’Association des LBCs du Ghana.

Espoir Olodo

Edité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

11/12/2024 - Campagne cacaoyère 2024/2025 : les inquiétudes liées au climat sont de retour

Sur le même thème
L’huile de colza et l’huile de tournesol représentent ensemble environ 25 % de la consommation mondiale d’huiles végétales. Ces deux oléagineuses, habituellement éclipsées par le...
Le promoteur camerounais prévoit 214 chambres et suites, 35 appartements hôteliers et 17 000 m² de bureaux. Le financement combine notamment 140,7 millions d’euros de...
SolarTaxi veut faire de son futur site de Prampram au Ghana une base d’exportation vers le reste de l'Afrique. Mais depuis février, la Zlecaf...
Trois ans après le début de la crise, le marché du diamant naturel subit toujours des prix bas et une demande en déclin, sous...