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Le laitier russe EkoNiva explore la possibilité de s’implanter en Algérie

  • Date de création: 17 janvier 2026 10:51

(Agence Ecofin) - En Afrique, l’Algérie représente le principal marché pour les produits laitiers. Le pays, qui suscite de plus en plus l’intérêt de grands groupes désireux de s’y implanter, peut saisir ces opportunités pour moderniser et renforcer ses capacités de production.

Le groupe EkoNiva, principal producteur de lait en Russie, projette d’investir dans ce secteur en Algérie. C’est dans cette optique qu’une délégation menée par son PDG Stefan Dürr a rencontré la semaine dernière à Alger, la direction du groupe public Giplait, acteur central de la collecte, de la transformation et de la distribution de lait dans le pays nord-africain. 

D’après les informations relayées par les médias locaux, les échanges entre les deux parties ont porté sur l’étude de perspectives de partenariat autour de la mise en place de fermes laitières pilotes spécialisées dans la production de lait cru. Encore exploratoires, les discussions n’ont permis de préciser ni les capacités de production envisagées, ni les montants d’investissement potentiels.

Selon les autorités, l’objectif visé à travers ce rapprochement est de développer des exploitations organisées selon des standards techniques modernes, en s’appuyant sur l’expérience d’EkoNiva dans la gestion de fermes à grande échelle, et sur le réseau industriel et logistique de Giplait. Fondé en 1994, le groupe russe développe un modèle intégré couvrant l’élevage bovin, la production de fourrage et la transformation laitière, avec plus de 630 000 hectares exploités et une production annuelle de lait brut dépassant 1,35 million de tonnes.

Des opportunités à saisir pour les deux parties 

L’intérêt d’EkoNiva pour le marché algérien n’est pas anodin, quand on sait que ce dernier est le principal importateur africain de produits laitiers. Les données compilées par la FAO (Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture)montrent qu'Alger a importé en moyenne 431 270 tonnes de produits laitiers (lait en proudre, fromage , beurre, etc.) par an entre 2020 et 2024, avec un pic de 452 812 tonnes enregistré en 2022.

Sur la période considérée, la facture consacrée à ces achats réalisés sur le marché international s’est élevée en moyenne à 1,61 milliard USD par an, avec un pic de 2 milliards USD enregistré en 2022. Dans ce contexte, les pourparlers avec EkoNiva, s’ils se traduisent en un accord concret ou en un projet d’investissement, permettront de renforcer les capacités de l’industrie locale, d’augmenter la production et de remplacer progressivement les importations.

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L’intérêt du groupe russe confirme l’attractivité croissante de l’Algérie pour les grands acteurs internationaux du domaine, alors même que le pays cherche à bâtir une production locale plus intégrée et plus compétitive. Il accueille déjà l’un des projets les plus ambitieux d'Afrique, porté par le groupe qatari Baladna, qui vise à produire à terme 200 000 tonnes de lait en poudre par an à travers un méga-complexe agro-industriel.

D’un coût total évalué à 3,5 milliards USD, la construction de l’usine est prévue pour débuter cette année, avec une première production de lait en poudre prévue pour fin 2027. Ce projet qatari en Algérie est considéré comme la future plus grande laiterie intégrée au monde.

Stéphanas Assocle

Lire aussi: 13/01/2026 : Produits laitiers : l’Ouganda amorce un positionnement sur le marché ouest-africain

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