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Produits laitiers : l’Ouganda amorce un positionnement sur le marché ouest-africain

  • Date de création: 13 janvier 2026 08:05

(Agence Ecofin) - L’Afrique de l’Ouest est le 2e importateur de produits laitiers du continent après l’Afrique du Nord. La dépendance structurelle de la sous-région aux importations représente une opportunité pour les exportateurs, surtout ceux qui bénéficient d’une proximité géographique.

L’Ouganda et le Nigeria ont conclu mi-décembre 2025 un accord de commercialisation sur les produits laitiers, selon des informations relayées par plusieurs médias locaux et internationaux qui détaillent qu'Abuja s’est engagée à acheter 200 000 tonnes de lait en poudre pour une valeur estimée à 1 milliard USD, en provenance du pays d’Afrique de l’Est. Globalement, il s’agit du deuxième fait documenté de commerce de produits laitiers entre l’Ouganda et l’Afrique de l’Ouest. 

Dans son rapport sur l’industrie laitière publié en mai 2025, le ministère ougandais des Finances soulignait que le pqys a expédié en 2024/2025 pour près de 1,1 milliard de shillings (environ 305 000 USD) de produits laitiers vers le Mali, qui était alors, sur cette campagne de commercialisation, le seul pays ouest-africain à figurer sur sa liste des clients.

1 lait

Avant l’accord avec Abuja, Kampala avait aussi des vues sur le marché sénégalais. En 2023, le ministère de l’Agriculture avait annoncé sa volonté de conclure un accord commercial avec Dakar, mais à ce jour rien de tel n'a encore été annoncé, à part une coopération technique évoquée en janvier 2025, suite à une rencontre à Kampala entre Mabouba Diagne, ministre sénégalais de l’Agriculture, et Bright Rwamirama, son homologue en charge de l’Industrie animale dans le pays d’Afrique de l’Est.

Les discussions entre les deux parties ont porté sur quatre axes stratégiques de coopération, notamment le développement des infrastructures de production laitière, la valorisation des systèmes coopératifs, les innovations technologiques dans l’élevage laitier et le soutien aux éleveurs pour une production durable et compétitive. Si Kampala espère toujours trouver un accord pour ses produits, Dakar entend s’inspirer de l’expertise ougandaise pour stimuler sa production locale et réduire la dépendance aux importations, qui représentent environ 50 % des besoins nationaux.

Des opportunités à saisir sur le marché ouest-africain

Complétant le Mali, l’accès au marché nigérian renforce la présence de l’Ouganda dans la sous-région ouest-africaine, qui affiche une dépendance structurelle aux importations de produits laitiers. La production de lait frais y était évaluée à 5,01 millions de tonnes en moyenne par an entre 2020 et 2024, d’après les données compilées par la FAO. Sur la même période, l’organisation onusienne indique que les pays de la région ont importé en moyenne 1,98 million t par an de produits laitiers (yaourt, beurre, fromage, lait concentré, crèmes, lait en poudre, etc.) en équivalent lait, ce qui en fait la 2e sous-région importatrice de produits laitiers du continent après l’Afrique du Nord.

Au total, la facture des achats de produits laitiers réalisés dans la sous-région entre 2020 et 2024 est évaluée à 934 millions USD en moyenne par an selon la FAO. Si pour l’heure, le Nigeria et le Sénégal sont les cibles prioritaires de l’Ouganda pour diversifier ses exportations, Kampala peut aussi être tentée d’explorer d’autres horizons pour saisir les opportunités se présentant pour sa filière dans la région, d’autant plus que des pays comme la Mauritanie, le Ghana, le Burkina Faso ou encore la Côte d’Ivoire sont également de grands importateurs de produits laitiers. 

L’Ouganda, un exportateur en pleine ascension

Alors que les exportations ougandaises sont principalement orientées vers les pays voisins d’Afrique de l’Est, notamment le Kenya, la décision de diversifier les débouchés sur le continent africain tient de la montée en puissance de l’industrie laitière locale. Sur la dernière décennie, la production de lait en Ouganda a plus que doublé, augmentant aussi considérablement les volumes dédiés a l’exportation. 

1 poudre

Les données compilées par le ministère des Finances montrent que la production, évaluée à 1,9 million de tonnes en 2013, est passée à 3,85 millions de tonnes en 2023 avant de grimper à 5,4 millions de tonnes en 2024, signant par la même occasion un nouveau record pour la filière. Parallèlement, les recettes d’exportation engrangées ont été multipliées par 8, passant de 28,68 millions USD en 2014 à 264,5 millions USD en 2023, et de nouveaux sommets peuvent être atteints avec la dynamique de production observée.

Dans le détail, la poudre de lait est le produit le plus exporté, représentant 54,2 % de la valeur totale des exportations, suivie par le lait Ultra Haute Température (UHT) (33,1 %).

Stéphanas Assocle

Edité par : Feriol Bewa

Lire aussi: 09-12-2025 : Secteur laitier : la CEDEAO lance un projet de 13 millions $ en Afrique de l’ouest

02-11-2025 : Comprendre le marché laitier africain en 4 points clés

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