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Le Sénégal vise une croissance de 66 % de sa production de coton graine en 2025

  • Date de création: 16 mai 2025 10:02

(Agence Ecofin) - En Afrique, le Sénégal est encore en retrait parmi les pays producteurs de coton de la zone CFA. Dans le pays, la filière qui veut jouer un rôle plus important dans l’économie s’est fixée de nouvelles ambitions de croissance pour les prochaines années.

Le Sénégal veut porter sa production de coton graine à 25 000 tonnes au terme de la campagne de 2025/2026. C’est ce qu’a annoncé Papa Fata Ndiaye, directeur général de la Société de développement et des fibres textiles (Sodefitex) qui se confiait aux médias locaux, en prélude aux 21èmes Journées annuelles de l’Association cotonnière africaine (Aca) qui se tiennent à Dakar du 15 au 17 mai prochain.

Ce stock traduirait une hausse de 66 % par rapport à la récolte de 15 508 tonnes réalisée au cours de la campagne précédente. Cette ambition se fonde notamment sur des perspectives de croissance de 75 % de la superficie consacrée à la culture de la fibre d’une année sur l’autre. Dans des propos relayés par le quotidien local Seneweb le 9 mai dernier, M. Ndiaye a ainsi révélé qu’il s’attend à ce que les producteurs dédient 21 000 hectares à la culture cotonnière en 2025/2026, contre seulement 12 000 hectares un an plus tôt.

Un objectif de 100 000 tonnes en ligne de mire, mais…

À long terme, le Sénégal vise une production de 100 000 tonnes de coton graine d’ici 2029. Pour réaliser cette ambition, la filière sénégalaise devra cependant surmonter des défis structurels qui freinent sa progression. Parmi les principaux obstacles figure la variabilité de la pluviométrie, qui affecte le cycle de culture de la plante et rend le Sénégal moins compétitif que ses voisins de la zone CFA, comme le Mali ou le Burkina Faso.

« Le Sénégal connaît des pauses pluviométriques pendant l’hivernage, ce qui crée un stress hydrique pour la plante. Pour produire convenablement, il faut de l’eau de juin à octobre. Si, pendant cette période, il y a un retard d’installation des pluies, des arrêts précoces ou des pauses, tout le cycle de la plante est perturbé » soulignait M. Ndiaye.

À cela s’ajoute la forte concurrence de l’arachide, plus rémunératrice certaines années, qui incite les producteurs à réorienter leurs investissements au détriment du coton. Quoi qu’il en soit, l’amélioration de la production de coton permettra d’accroître la contribution de la filière à l’économie. En 2024, le Sénégal n’a exporté que 5 612 tonnes de coton, générant 6,6 milliards de francs CFA (11,3 millions $) de recettes, d’après les données compilées par l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (Ansd).

Stéphanas Assocle

Edité par Wilfried ASSOGBA 

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