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Namibie : 400 millions USD annoncés pour un secteur du cuivre en quête de renouveau

Namibie : 400 millions USD annoncés pour un secteur du cuivre en quête de renouveau
  • Date de création: 15 mai 2026 13:29

(Agence Ecofin) - En Namibie, le secteur minier demeure l’un des principaux piliers de l’économie, représentant 14,4 % du PIB en 2023. Cette contribution repose encore largement sur les filières du diamant, de l’uranium et de l’or, tandis que d’autres segments, comme le cuivre, évoluent de manière intermittente.

La société de conseil d’investissement Appian Capital Advisory a annoncé, jeudi 14 mai, son intention d’investir 400 millions USD dans le développement d’une nouvelle mine de cuivre sur le projet Omitiomire, en Namibie. Cette initiative s’ajoute à d’autres projets d’investissements engagés pour redonner du souffle à une industrie cuprifère namibienne en perte de vitesse depuis quelques années.

Dans le détail, Appian Capital Advisory présente Omitiomire comme un actif renfermant environ 520 000 tonnes de cuivre exploitable, dont elle vient d’acquérir 95 % du capital. Cette étape franchie, la société entend désormais engager les travaux nécessaires au lancement de la production. L’investissement annoncé devrait ainsi soutenir un « plan de développement clairement défini » visant la mise en place d’une mine capable de produire environ 30 000 tonnes de cuivre par an sur une durée de vie estimée à 15 ans.

Si Appian évoque l’existence d’une étude de faisabilité validant le potentiel du projet, elle n’en a toutefois pas détaillé les principaux paramètres, pas plus que les modalités de mobilisation du financement annoncé. Aucun calendrier n’a non plus été avancé concernant le début des travaux ou la mise en service de la mine. L’entreprise indique néanmoins avoir déjà entamé des discussions avec de potentiels partenaires en vue de futurs accords d’enlèvement, tout en mettant en avant un potentiel de croissance des ressources grâce à plusieurs cibles d’exploration situées à proximité du gisement actuel.

Un nouveau renfort pour la production nationale

Le projet d’Appian se positionne parmi les potentiels relais de croissance de la production namibienne de cuivre d’ici les années à venir. Koryx Copper pilote aussi le projet Haib où une capacité annuelle de 88 000 tonnes de cuivre est projetée sur une durée de vie de 23 ans, alors que Bezant Resources (Hope & Gorob) et d’autres juniors comme Kaoko Metals et Midas Minerals investissent dans des projets à des stades moins avancés.

D’un appareil productif composé de plusieurs mines dans les années 2000, la Namibie a en effet vu son industrie cuprifère décliner avec la fermeture de la plupart des sites, notamment ceux de Matchless et d’Otjihase en 2015. Si la mise en service de la mine Tschudi avait ensuite marqué une nouvelle phase d’activité, celle-ci a été mise en veille en 2020 avant d’être reprise par Consolidated Copper, qui en pilote les opérations depuis 2024.

À ce stade, il s’agit du seul actif cuprifère industriel encore en production dans le pays, même si ses niveaux de production ne sont pas publiquement détaillés. La mine Kombat, dont les opérations sont actuellement suspendues, devrait pour sa part reprendre du service d’ici la fin de l’année, selon les plans de son nouveau propriétaire Horizon Corporation.

Un contexte de marché favorable

Bien que les volumes attendus sur ces projets restent nettement modestes comparativement à ceux des grands complexes miniers de la République démocratique du Congo et de la Zambie, principaux producteurs africains de cuivre, ils interviennent dans un contexte marqué par la nécessité de nouvelles capacités d’offre pour combler les tensions anticipées sur le marché mondial. Selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE), le déficit d’approvisionnement pourrait atteindre 30 % d’ici 2035, les mines existantes ne pouvant pas suffire à répondre à la croissance de la demande.

Une tendance que les différents promoteurs de ces projets entendent exploiter, repositionnant ainsi la Namibie sur l’échiquier mondial. « La demande de cuivre devrait croître régulièrement jusqu’en 2035, portée par l’électrification mondiale et les infrastructures de transition énergétique. Dans un contexte de pénurie d’offre, Omitiomire représente une opportunité rare à court terme de mettre sur le marché une production significative », indique Appian Capital Advisory dans sa note.

Plusieurs étapes restent toutefois à franchir avant de pouvoir inscrire pleinement ces chantiers dans une perspective de développement concret. Appian devra encore apporter davantage de précisions sur le développement d’Omitiomire, tandis que Koryx Copper poursuit l’optimisation des paramètres économiques et techniques de son projet Haib. Une étude de préfaisabilité (PFS) est attendue à cet effet d’ici le quatrième trimestre 2026. Même après cette étape, des travaux supplémentaires seront nécessaires pour confirmer la viabilité économique d’une exploitation commerciale.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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