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Combler la pénurie mondiale de cuivre devient un casse-tête quasi insoluble

  • Date de création: 23 mai 2025 10:00

(Agence Ecofin) - Le cuivre est l’un des métaux les plus indispensables à la transition énergétique. Des voitures électriques aux énergies renouvelables, le métal enregistre une demande croissante que l’offre peine à suivre. Entre investissements insuffisants et défis opérationnels, les risques de pénurie s’aggravent.

Le déficit d’approvisionnement en cuivre pourrait atteindre 30 % d’ici 2035, alerte l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Cette prévision spectaculaire confirme un constat désormais partagé : les projets miniers actuels ne suffisent pas à répondre à la demande, portée par l’essor de l’intelligence artificielle et de la transition énergétique.

Selon le rapport de l’AIE « Global Critical Minerals Outlook 2025 » publié mercredi 21 mai, plusieurs facteurs limitent la capacité de l’offre mondiale de cuivre à répondre à la demande. Depuis 1991, la teneur moyenne des mines de cuivre a chuté de 40 %. Dans le même temps, l’exploration peine à déboucher sur de nouveaux projets. Parmi les 239 gisements découverts entre 1990 et 2023, seuls 14 l’ont été au cours de la dernière décennie.

Et même quand de nouveaux gisements sont découverts, les délais sont relativement longs pour lancer l’exploitation minière. L’AIE estime qu’il faut en moyenne 17 ans entre la découverte d’un gisement et le début de la production. La Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED) va dans le même sens. Dans un autre rapport publié plus tôt ce mois, l’agence onusienne indique que les délais de développement des mines de cuivre peuvent varier de 15 à 25 ans.

Un casse-tête insoluble

Si les défis en matière d’approvisionnement sont connus, les spécialistes s’accordent aussi sur les leviers à actionner pour y faire face. Les deux rapports suscités soulignent ainsi l’importance d’investissements massifs dans le développement de nouvelles mines. Il faudrait développer 80 nouvelles mines d’ici 2030, estime la CNUCED, et investir jusqu’à 250 milliards de dollars pour y arriver.

« Un large éventail de mesures relatives à l’offre et à la demande est nécessaire pour combler le fossé, notamment en stimulant les investissements dans de nouvelles mines, l’efficacité des matériaux, la substitution et l’intensification du recyclage », poursuit l’AIE.

Seulement, la CNUCED explique que les financements peinent à suivre. Sur les 360 à 450 milliards de dollars nécessaires pour sécuriser l’approvisionnement en métaux critiques d’ici 2030, jusqu’à 270 milliards manquent encore. Et le cuivre représente à lui seul 36 % de ce déficit. Pour relever ces défis, l’organisation onusienne propose de simplifier les procédures d’autorisations de nouvelles mines, ainsi que des incitations financières et des investissements dans des technologies d’extraction avancées. Le rapport appelle aussi à une meilleure collaboration entre les grands producteurs et les petites sociétés minières pour accélérer le calendrier des projets.

Mais le document reste flou sur la manière de combler le déficit d’ici 2030. Entre des investisseurs encore frileux, des projets miniers aux délais de développement longs, et une demande mondiale toujours plus soutenue, le risque de formation d’un goulet d’étranglement au niveau du cuivre reste entier. En l’absence de mesures coordonnées et urgentes, la transition énergétique pourrait se heurter à une réalité incontournable, celle de l’indisponibilité du métal.

Emiliano Tossou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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