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Mines en Afrique de l'Ouest : l'intelligence artificielle en marche

  • Date de création: 14 avril 2025 10:12

(Agence Ecofin) - Exploration minière, services miniers, production minière, l’intelligence artificielle s’invite depuis quelques mois dans tous les aspects de l’exploitation minière à l’échelle mondiale. Si l’Afrique de l’Ouest n’a pas encore entamé cette révolution, les signes d’un virage se multiplient.

Selon une étude publiée en 2024 par l’allemand Siemens, 30 à 40 % des équipements dans l’industrie minière sud-africaine seront autonomes d’ici 2040, grâce à l’intelligence artificielle. Ce chiffre illustre une transformation en cours dans le secteur minier à l’échelle du continent et même du monde, et à laquelle la sous-région ouest-africaine peut difficilement échapper.

À ce jour, aucune compagnie active en Afrique de l’Ouest, grande ou petite, n’a encore présenté de feuille de route claire sur l’intégration de l’IA dans ses opérations régionales. Cela ne saurait néanmoins tarder. Barrick Gold, qui exploite des mines d’or au Mali et en Côte d’Ivoire, a signé en 2024 un accord avec la société australienne Fleet Space Technologies en vue d’intégrer l’IA aux travaux d’exploration sur son projet de cuivre Reko Diq au Pakistan. Alors que le groupe mène aussi des campagnes d’exploration en Afrique de l’Ouest, notamment au Sénégal, l’application de ces outils pourrait suivre.

Le mouvement touche également les fournisseurs de services miniers. Kweku Gyamerah Amankrah, qui coordonne les activités de Metso au Ghana, a ainsi levé un coin de voile sur l’utilisation de l’intelligence artificielle par son entreprise qui fournit des équipements miniers en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso notamment. Interrogé la semaine dernière par l’Agence Ecofin lors d’un webinaire consacré à l’avenir du secteur minier ouest-africain, il a expliqué que Metso a lancé le mois dernier un programme d’IA sur ses bases, afin d’anticiper plus finement les besoins des clients.

« L’idée n’est pas de remplacer le dialogue, car il restera toujours essentiel, mais l’IA nous permet de prédire à quel moment le client atteindra une étape critique sur site, et ce dont il aura besoin à ce moment-là. Nous espérons que ce programme sera pleinement opérationnel d’ici la fin de l’année, et nous avons hâte d’en observer les résultats. Oui, pour nous, l’IA est clairement la voie à suivre », indique M. Amankrah.

Si l’IA s’impose progressivement dans le secteur minier, c’est en raison de ses nombreux atouts économiques. Selon le cabinet McKinsey, son adoption à grande échelle pourrait générer jusqu’à 390 milliards de dollars d’économies annuelles pour les compagnies minières. En Afrique, où plusieurs pays dépendent plus ou moins largement des revenus miniers, l’IA permettrait d’améliorer la maintenance prédictive, de réduire les coûts d’exploration, et d’accélérer l’identification de nouveaux gisements.

Comme tout système d’automatisation, l’intégration de l’IA se heurte néanmoins à certains défis liés au rôle de l’humain. Siemens estime qu’environ 35 % des emplois dans le secteur minier seront automatisés par les technologies émergentes d’ici 2035, et que 50 % des emplois nécessiteront moins d’interaction humaine d’ici 2040. Cela pose la question de l’avenir des milliers d’emplois créés par l’exploitation minière dans la sous-région, et de la manière dont les compagnies s’adapteront à ces évolutions technologiques sans compromettre leur permis social d’opérer.

Emiliano Tossou

Lire aussi:

08/09/2024 - Comment l’IA va maximiser le secteur minier africain

25/07/2023 - Automatisation des mines : le finlandais Metso rachète l’australien Brouwer Engineering

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