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Bois, Hévéa, Cacao : le Cameroun exonère de 20% l’exportation des produits certifiés « zéro déforestation »

  • Date de création: 12 janvier 2025 16:58

(Agence Ecofin) - Comme plusieurs autres pays de la région Afrique centrale, le Cameroun prend des mesures pour exploiter le plein potentiel de sa forêt équatoriale ainsi que de son secteur agricole plus globalement. La lutte contre la déforestation est volet clé de cette politique. Une taxe d’abattage des arbres a ainsi été instituée.

Selon la circulaire relative à l’exécution de la Loi de Finances 2025 du Cameroun, signée le 31 décembre 2024 par le ministre des Finances Louis Paul Motazé et consultée par Investir au Cameroun, un abattement de 20% est institué dès cette année 2025 sur « certaines cargaisons de cacao, d’hévéa et de bois en grumes à l’exportation ». Cette disposition s’applique exclusivement aux produits « disposant d’un certificat délivré par le ministère technique compétent, attestant de leur conformité aux normes de lutte contre la déforestation ».

En d’autres termes, depuis le 1ᵉʳ janvier dernier, 20% de la valeur FOB des fèves de cacao, du caoutchouc et des bois en grumes certifiés « zéro déforestation », c’est-à-dire présentant le certificat que leur production n’a pas engendrée de déforestation, sont exonérés de droits de douane. Cela signifie que le taux de droits douaniers applicable à l’exportation ne se fera que sur 80% de la valeur de ces produits, induisant ainsi une réduction des coûts pour les exportateurs.

À travers cette mesure, affirme-on au ministère des Finances, il est question de lutter contre la déforestation dans la culture du cacao, de l’hévéa et l’exploitation forestière, en incitant les opérateurs à préserver l’environnement dans le cadre de leurs activités. À l’analyse, cette mesure prépare le Cameroun à sécuriser les exportations des produits concernés vers l’Europe, dans la perspective de l’entrée en vigueur du Règlement européen sur la déforestation fin 2025, avec possibilité d’extension jusqu'au 30 juin 2026.

Initialement prévu pour entrer en vigueur en décembre 2024, avant le report décidé par la Commission européenne en octobre 2024, suite à la préparation insuffisante de certaines parties prenantes, le RDUE interdit l'importation et la commercialisation en Europe de produits ayant contribué à la déforestation après le 30 décembre 2020. 7 produits agricoles et leurs dérivés sont concernés : cacao, café, caoutchouc, l'huile de palme, soja, bœuf et bois.

Géoréférencement des plantations

Pour être en conformité avec le RDUE, les produits concernés mis sur le marché ou exportés doivent présenter une certification « zéro déforestation » et être conformes à la législation du pays d'origine. Pour ce faire, les opérateurs des différentes filières et autres exportateurs devront désormais remplir une déclaration de diligence raisonnée dans un système d'information de la Commission européenne, qui centralisera l'ensemble des preuves.

À travers l’institution de l’abattement de 20% sur les exportations de cacao, caoutchouc et bois certifiés « zéro déforestation », le Cameroun s’emploie à relever l’un des défis auxquels le pays fait face dans sa mise en conformité avec le RDUE : la promotion sur son territoire d’une culture du cacao, de l’hévéa, et d’une exploitation forestière durables, c'est-à-dire une activité tenant compte de la préservation de l’environnement.

Dans le même sillage, et toujours en rapport avec le RDUE, 6 exportateurs de fèves de cacao du Cameroun ont signé le 28 août 2024 à Yaoundé, un accord de mutualisation des données de géoréférencement des parcelles cacaoyères et caféières. Supervisée par le Conseil interprofessionnel du cacao et du café (CICC), cette plateforme de mutualisation des données vise à fournir une cartographie précise des plantations, ce qui permettra aux exportateurs de garantir que leurs produits respectent les normes européennes de durabilité.

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