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Angola : une académie privée veut former 10 000 jeunes d’ici fin 2026

Angola : une académie privée veut former 10 000 jeunes d’ici fin 2026
  • Date de création: 10 juin 2026 09:38

(Agence Ecofin) - Alors que plus de 4 jeunes sur 10 se retrouvent sans emploi en Angola et que l’économie tarde à générer suffisamment de postes qualifiés, des opérateurs privés du numérique s’affirment comme un relais incontournable d’un système public de formation encore insuffisant. 

En Angola, le secteur privé multiplie les initiatives pour doter la jeunesse des compétences que le marché du travail réclame. La semaine dernière, l'académie TIS, une société de conseil en transformation numérique, a annoncé son intention de former 10 000 Angolais aux compétences numériques d’ici fin 2026. Pensée pour les entreprises, les cadres, les techniciens et les apprenants, l’initiative vise un public large. Elle s’adresse à la fois aux jeunes sans emploi et aux professionnels déjà en activité.

Un programme ancré dans les besoins du marché

Pour répondre à cette diversité de profils, l’académie a structuré son offre autour de quatre piliers. Le Pilier Tech couvre les technologies de l’information, la cybersécurité et la science des données. Un deuxième axe est dédié à la gestion d’entreprise. Un troisième prépare les cadres au leadership technique et numérique. Un quatrième pilier, transversal, se consacre au diagnostic du capital humain au sein des organisations. Des compétences comportementales — communication, posture professionnelle et préparation à l’emploi — complètent chaque parcours. « La mission est de favoriser le développement humain et organisationnel grâce à des programmes intégrant technologie, innovation et leadership », a précisé Messias Lourenço, directeur de l’académie.

Pour massifier la formation, TIS mise sur l’autoformation en ligne et des partenariats avec des universités angolaises. Ces leviers permettent, selon les responsables, d’atteindre un volume de diplômés que le présentiel seul ne pourrait garantir. Ils réduisent aussi le coût d’accès pour les apprenants. Les professionnels en activité bénéficient quant à eux de parcours de formation continue.

Quand le privé prolonge ce que le public ne couvre pas encore

Cette dynamique privée s’inscrit dans un contexte d’effort public insuffisant face à la demande. L’Institut national de l’emploi et de la formation professionnelle (INEFOP) a formé 152 465 citoyens, dont majoritairement des jeunes, entre 2023 et le premier semestre 2024. Le parc public de centres de formation est passé de 1313 à 1 646 unités sur la même période. En 2025, la Banque mondiale et l’INEFOP ont lancé le Projet d’opportunités d’emploi pour les jeunes en Angola (AYEOP) en faveur des jeunes de 16 à 35 ans. Ce dispositif en cours jusqu’en 2029 couvre l’entrepreneuriat, l’insertion féminine et le renforcement du système national de formation. Malgré ces avancées, la demande dépasse les capacités existantes. Les acteurs privés comme TIS n’entrent pas en concurrence avec l’État. Ils occupent les espaces que le système public ne couvre pas encore. Ce positionnement complémentaire leur confère une pertinence durable sur le marché angolais.

Le défi reste à la mesure des chiffres. Le chômage des jeunes angolais atteignait 43,6 % au quatrième trimestre 2025, selon l’Institut national de la statistique (INE). Le pays a affiché une croissance de 4,4 % de son produit intérieur brut (PIB) en 2024. Ce résultat a été porté par le secteur non pétrolier, selon la Banque africaine de développement. Mais cette croissance ne se traduit pas encore en emplois qualifiés pour la jeunesse. Pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures, l’Angola aura besoin de techniciens, de cadres et d’entrepreneurs formés au numérique. La Société financière internationale (SFI) chiffre à 230 millions les emplois exigeant des compétences numériques en Afrique subsaharienne d’ici 2030. Ce marché représente un potentiel de 130 milliards de dollars.

Félicien Houindo Lokossou

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29/05/2025 - 500 000 jeunes angolais ciblés par un programme de formation

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