(Agence Ecofin) - En 2018, Nana Akufo-Addo avait annoncé sa ferme intention de ne plus recourir au FMI. En juillet dernier, il a officiellement sollicité l’aide de l’institution, s’attirant au passage les foudres de la population qui craint de nouvelles mesures d’austérité.
Plus d’un millier de Ghanéens ont défilé, samedi 5 novembre, dans les rues de la capitale Accra pour dénoncer l’envolée de l’inflation et l’aggravation de la crise économique qui frappe le pays, appelant à la démission du président Nana Akufo-Addo et du ministre des Finances Ken Ofori-Atta.
« Akufo-Addo doit partir », « FMI non », « Démissionnez ou soyez destitués », « les hommes politiques mangent, les Ghanéens souffrent », ont notamment scandé les manifestants vêtus majoritairement de t-shirts rouges, couleur du deuil au Ghana, estampillés « Ku me preko » (Autant me tuer en langue akan).
M.Akufo-Addo avait appelé la semaine dernière les Ghanéens à soutenir sa décision de solliciter un programme de financement auprès du Fonds monétaire international (FMI) pour relancer l’économie du pays alors que l’inflation a atteint un record de 37 % en septembre. Mais la décision du président de solliciter l’aide du FMI a nourri la crainte de voir les autorités imposer de nouvelles mesures d'austérité qui accableraient un peu plus la population, déjà confrontée à l'envolée des prix et à la chute du cedi, la monnaie nationale, qui a perdu plus de 40 % de sa valeur depuis le début de l’année en cours.
« Trop, c'est trop. Nous avons de l'or, nous avons du pétrole, nous avons du manganèse, nous avons des diamants. Nous avons tout ce dont nous avons besoin dans ce pays. La seule chose dont nous avons besoin, c'est de leadership », a déclaré Francisca Wintima, une manifestante.
« Nana Akufo-Addo a échoué et nous lui demandons de démissionner. Les fortes augmentations du prix du carburant tuent le peuple ghanéen », a abondé dans le même sens Rafael Williams, un autre manifestant.
La manifestation intervient une dizaine de jours après l’appel des députés du parti au pouvoir à limoger le ministre des Finances.
En 2018, le président ghanéen avait annoncé sa ferme intention de ne plus recourir au FMI pour ses problèmes économiques.
En mai, le ministre des Finances, Ken Offori-Atta, avait réitéré cette volonté de s’affranchir de l’aide de l’institution financière multilatérale, bien qu’entre-temps, son pays avait déjà fait une entorse à cette règle en bénéficiant en 2020 d’une aide de 1 milliard $ du Fonds pour faire face à la pandémie du coronavirus.
Lire aussi:
01/07/2022 - Le Ghana retourne auprès du FMI pour solliciter un nouveau programme d’aide
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie l’extension du réseau pour atteindre l’accès universel à l’électricité
La Gambie privilégie le raccordement au réseau pour augmenter l’accès à l’électricité, notamment en milieu rural. De nouveaux investissements publics...Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Le Kenya prévoit d’étendre son réseau ferroviaire vers la Tanzanie
Avec la progression du commerce intra-régional, les infrastructures de transport deviennent un enjeu central pour l’intégration économique en Afrique de...CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
CAN 2027 : quand la route vers le trophée devient un feuilleton continental
La trente-sixième Coupe d’Afrique des Nations de football se profile à l’horizon et les préparatifs vont bon train. Pour la première fois, la grande messe...Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Réserve de Lokobe : l’écrin vert qui révèle les trésors cachés de Madagascar
Connue dans le monde entier pour ses plages paradisiaques et ses eaux turquoises, l’île de Nosy Be abrite également l’un des plus précieux sanctuaires...
Renaissance Cairo Mirage City Hotel, Egypt