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Sénégal : Moody's abaisse la note de crédit à B1

  • Date de création: 07 octobre 2024 18:10

(Agence Ecofin) - Sur la période 2019-2023, le déficit budgétaire du Sénégal a atteint en moyenne 10,4 % du PIB contre 5,5 % déclaré initialement, tandis que la dette publique a affiché plus de 83% du PIB en 2023, selon le gouvernement. 

L’agence de notation Moody’s a dégradé, le vendredi 4 octobre 2024, la note de crédit du Sénégal, la faisant passer de « Ba3 » à « B1 », une note qui indique un « risque de crédit élevé ».

Moody’s justifie cette note par une détérioration de la situation budgétaire et de la dette du pays. Selon les données du gouvernement publiées en septembre dernier, la dette publique du Sénégal a grimpé à 83,7 % du PIB en 2023 contre 73,6 % initialement prévu, reflétant des dépenses non comptabilisées et des emprunts sous-estimés. De plus, le déficit budgétaire a atteint en moyenne 10,4 % du PIB entre 2019 et 2023, soit presque le double des 5,5 % déclarés par les autorités précédentes.

En réaction à cette notation, Cheikh Diba, ministre sénégalais des Finances, a annoncé la mise en œuvre de réformes structurelles dès 2025. Ces réformes visent à réduire le déficit budgétaire et à stabiliser la dette publique tout en respectant les engagements du Sénégal auprès de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) et des partenaires internationaux, ont rapporté les médias locaux.

Pour rappel, le Sénégal est actuellement en discussion avec le Fonds monétaire international (FMI) en vue de mettre en œuvre des réformes structurelles afin de rétablir la confiance des investisseurs et de stabiliser l’économie sénégalaise. Une mission du FMI à Dakar en septembre dernier a révélé que l'économie du pays a ralenti au premier semestre 2024, et les perspectives restent peu encourageantes pour le reste de l'année. La baisse des recettes publiques, combinée à l’augmentation des dépenses en subventions énergétiques et en paiements d'intérêts, a contribué à la détérioration de la situation budgétaire.

Selon les projections de l’agence, le déficit budgétaire pourrait atteindre 7,5 % du PIB en 2024, alors que le gouvernement s’efforce de ramener la dette publique à moins de 70 % du PIB. La note quant à elle reste « sous surveillance ».

Charlène N’dimon

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