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Le Bénin mise sur une nouvelle agence publique pour relancer l’élevage des ruminants

  • Date de création: 03 juillet 2025 03:53

(Agence Ecofin) - Au Bénin, la viande de ruminants est de plus en plus privilégiée pour répondre aux besoins en protéines animales. Alors que plus de la moitié de ces besoins sont couverts par des importations, le gouvernement souhaite renforcer la production locale afin de réduire cette dépendance.

Le gouvernement veut insuffler une nouvelle dynamique dans le sous-secteur de l’élevage des ruminants. C’est dans le cadre de cette ambition que la création de l’Agence de Développement de l’Élevage des Ruminants (ADER) a été approuvée le 2 juillet en Conseil des ministres.

Cette nouvelle entité publique, placée sous l’autorité du ministère de l’Agriculture, est chargée de coordonner et structurer les interventions visant à stimuler la croissance des filières bovine, ovine et caprine. Elle a également pour mission d’optimiser l’utilisation des ressources et d’assurer une meilleure synergie entre les différents acteurs et projets de développement.

L’enjeu est d’accroître la productivité des élevages locaux pour soutenir la production de viande de ruminants, largement déficitaire. Selon les données officielles, la production nationale ne couvre actuellement que 49,3 % des besoins, malgré une progression constante ces dernières années. « Le déficit constaté résulte de plusieurs causes, dont la persistance de pratiques traditionnelles d’élevage, la dominance de géniteurs à faible performance, une alimentation inadaptée, mais aussi, et surtout, un besoin accru d’investissements », peut-on lire dans le communiqué du Conseil des ministres.

Plus largement, la création de cette agence illustre la volonté des autorités d’améliorer la couverture en protéines animales au niveau national et de faire de l’élevage des ruminants un levier de développement rural. Selon la Direction de la Statistique Agricole (DSA), la production moyenne de viande de ruminants s’est élevée à 55 658 tonnes par an entre 2019 et 2023, un niveau de production qui contraint le pays à importer en moyenne près de 58 000 tonnes par an pour satisfaire la demande.

Outre le soutien aux élevages locaux via l’opérationnalisation de l’ADER, le gouvernement devra également renforcer et moderniser les infrastructures de production de viande afin d’améliorer durablement la couverture nationale en protéines animales. Pour l’heure, aucun plan d’action détaillé n’a encore été annoncé, laissant encore en suspens la manière dont l’ADER sera notamment financée pour atteindre ses objectifs ambitieux.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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