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Les pays africains peuvent accroitre leur présence sur le marché saoudien de la viande

  • Date de création: 03 mars 2025 13:09

(Agence Ecofin) - L’Arabie saoudite est le 5ᵉ importateur asiatique de viande et produits carnés après la Chine, le Japon, la Corée du Sud et les Émirats arabes unis. Le pays, qui cherche à diversifier son approvisionnement, se tourne de plus en plus vers des pays africains.

Depuis quelques années, l’Arabie saoudite intensifie ses partenariats commerciaux avec des pays africains dans le secteur de la viande.

Le 12 février 2025, la Chambre de commerce, d'industrie et d'agriculture de Tanzanie (TCCIA) a conclu un accord avec la Fédération des chambres saoudiennes (FSC) à Dar es-Salaam. Selon les informations relayées par les médias locaux, ce nouveau partenariat vise principalement à mettre en œuvre des stratégies pour accroître les exportations de viandes à destination du pays asiatique.

La Tanzanie devient ainsi le dernier pays en Afrique pour lequel l’Arabie saoudite manifeste de l’intérêt en vue d’augmenter ses importations de viandes. En juillet 2024, le pays asiatique avait par exemple déjà entamé des pourparlers avec le Nigéria dans le but d’importer 200 000 tonnes de viandes rouges chaque année.

Un peu plus tôt, en janvier 2024, les opérateurs sud-africains ont reçu le feu vert des autorités saoudiennes d’inspection sanitaire pour expédier leur production de viande bovine sur ce marché après plus de deux ans de négociation sur les règlements sanitaires et phytosanitaires qui ont débuté entre les deux pays en 2022. L’ambition affichée par la filière sud-africaine est d’exporter entre 500 et 1000 tonnes de viandes bovines par an à destination de ce nouveau marché.

Un marché saoudien en pleine croissance

Ces accords interviennent dans un contexte où le marché saoudien de la viande connaît une croissance soutenue tirée par l’appétit grandissant de sa population pour cette catégorie de produits alimentaires.

Les données compilées sur la plateforme Trade Map indiquent que la facture des importations saoudiennes de viandes et produits dérivés a augmenté de 4,8 % en moyenne par an, passant de 1,9 milliard $ en 2019 à 2,3 milliards $ en 2023.Sur ce total, la viande de volaille a représenté 56,5 % de la facture de 2023, soit 1,3 milliard $, suivi des viandes rouges (bovins, ovins, caprins) dont les achats sont évalués à près de 900 millions $.

ll s’agit d’un marché hautement concurrentiel, d’autant plus que la viande rouge, privilégiée dans l’alimentation de la population, fait partie des produits alimentaires qui sont importés dans le pays en franchise de droits. D’après Trade Map, le Brésil y règne en maître, comptant pour 46 % des expéditions en valeur en 2023, soit 1 milliard $, suivi de l’Inde (43,4 %), de l’Australie, de l’Ukraine ou encore de la Russie.

Dans un tel contexte, l’enjeu sur le marché saoudien pour les pays africains susmentionnés n’est pas forcément de concurrencer ces fournisseurs déjà bien établis, mais d’y accroitre la présence et augmenter leurs recettes d’exportations.

Les projections formulées sur la plateforme Statista indiquent en outre que les recettes générées par les ventes sur le marché saoudien de la viande devraient croitre de 5,29 % en moyenne par an au cours des cinq prochaines années pour passer de 5,2 milliards $ en 2025 à 6,8 milliards $ d’ici 2029.

Une opportunité pour les pays africains

Les pays africains captent actuellement une part marginale des importations saoudiennes de viandes. Et pour cause, seulement 5 pays, notamment l’Éthiopie, le Kenya, le Soudan, la Tanzanie et l’Égypte, ont exporté sur ce marché au cours des 5 dernières années.

Les données compilées sur la plateforme Trade Map révèlent que le pays asiatique n’a importé que pour 75,4 millions $ de viandes depuis le continent africain, ce qui représente 3,2 % de ses achats totaux qui se sont chiffrés à près de 2,3 milliards $.

L’Arabie saoudite, en diversifiant ses sources d’approvisionnement, offre aux pays africains une opportunité de renforcer leur présence sur un marché en pleine expansion. Grâce à des accords commerciaux stratégiques et à des investissements dans les infrastructures locales, les pays africains peuvent non seulement augmenter leurs exportations, mais aussi stimuler leur développement économique dans le secteur de l’élevage.

En Tanzanie, par exemple, les opérateurs saoudiens envisagent, s’il le faut, d’investir dans la construction de nouvelles infrastructures de production et de transformation de viande. « Nous avons des investisseurs prêts à construire des abattoirs et à augmenter les exportations au-delà des niveaux actuels », avait d’ailleurs déclaré M. Hassan Bin Maoujeb Alhuwaizy, président de la FSC, le 12 février dernier à Dar es-Salaam.

De même, les informations relayées par les médias locaux nigérians, le 10 février dernier, indiquent que l’entreprise saoudienne P and I Energy Consults investit actuellement 10 millions $ dans la construction d’un abattoir d’une capacité de traitement journalière de 1 500 têtes de bovins et ovins.

Prévu pour entrer en service à partir du mois de septembre prochain, cet abattoir sera principalement dédié aux exportations de viande à destination de l’Arabie saoudite. Selon les responsables du projet, l’investissement s’inscrit notamment dans le cadre du renforcement de la coopération commerciale agricole entre Riyad et Abuja dans la filière viande.

Stéphanas Assocle

Editing : Feriol Bewa

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