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Au Rwanda, le chantier de l’école aéronautique prend du retard sur les avions

Au Rwanda, le chantier de l’école aéronautique prend du retard sur les avions
  • Date de création: 01 septembre 2026 13:03

(Agence Ecofin) - Le Rwanda ambitionne de devenir un carrefour régional de l’aviation en Afrique de l’Est. Pour y parvenir, il mise sur la formation de milliers de professionnels du secteur, avec le soutien de bailleurs internationaux comme la Banque africaine de développement.

Le Rwanda visait une mise en service partielle de son Centre d’excellence en compétences aéronautiques (CEAS) dès 2025. Plus de deux ans après le lancement du projet, l’acquisition des avions destinés à la formation des pilotes entre seulement dans sa phase d’appel d’offres. Le Rwanda Development Board (RDB) a ainsi lancé, lundi 31 août, une procédure pour fournir les appareils du futur centre de Kigali.

Ce projet, financé par la Banque africaine de développement (BAD) et le Fonds OPEP pour le développement international (FODI), a été officiellement lancé le 15 février 2024. Son retard s’explique par l’enchaînement des marchés. Début avril 2026, un avis d’appel d’offres a été publié pour la construction des blocs académiques et du hangar du centre, à l’aéroport international de Kigali. L’appel d’offres pour les avions n’intervient que maintenant, alors que ces équipements restent indispensables aux formations pratiques.

Entre ambitions régionales et infrastructures inachevées

Sur le papier pourtant, le CEAS représente un investissement conséquent de 26,6 millions de dollars, dont 23,6 millions apportés par la BAD. Il doit à terme former jusqu’à 500 étudiants par an dans le pilotage, la maintenance aéronautique, la gestion du trafic aérien et le pilotage de drones. Sans infrastructures achevées ni appareils d’entraînement, cette capacité reste pour l’instant théorique.

Ce décalage survient alors que l’Association du transport aérien international (IATA) prévoit une croissance de 10 % de la demande passagers des compagnies africaines en 2026, contre 2,1 % au niveau mondial. Boeing anticipe même un doublement de la flotte du continent d’ici 2044, pour atteindre 1 680 appareils.

Une telle expansion réclame un vivier de compétences que l’Afrique peine encore à constituer. La BAD estime que le continent aura besoin de plus de 50 000 professionnels du secteur au cours des vingt prochaines années, dont 15 000 pilotes, 17 000 techniciens et 23 000 membres de personnel de cabine.

C’est précisément ce vivier que le Rwanda comptait constituer grâce au CEAS, pour renforcer son positionnement dans l’aviation régionale, à l’heure où les compagnies africaines restent structurellement fragiles, avec des marges nettes proches de 0,2 % faute d’un ciel intégré. Reste que chaque mois d’attente repousse d’autant le démarrage effectif des formations, et avec lui, la montée en puissance de cette capacité régionale tant souhaitée.

Félicien Houindo Lokossou

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04/10/2023 - Le Rwanda prépare le lancement d’un centre d’excellence en formation aéronautique à Kigali

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