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Engrais : la Russie limite ses exportations à 20 millions de tonnes entre juin et novembre

Engrais : la Russie limite ses exportations à 20 millions de tonnes entre juin et novembre
  • Date de création: 22 avril 2026 17:22

(Agence Ecofin) - Le marché des engrais est l’un des plus impactés par la crise actuelle au Moyen-Orient. L’industrie est dominée par une poignée d’acteurs dont la Russie, la Chine, les USA et le Canada.

En Russie, les exportations d’engrais seront limitées à 20 millions de tonnes entre le 1er juin et le 30 novembre. C’est ce qu’indique un communiqué publié ce mercredi 22 avril sur le site du gouvernement russe.

Le stock annoncé comprend plus de 8,7 millions de tonnes d’engrais azotés, plus de 4,2 millions de tonnes de nitrate d’ammonium ainsi que plus de 7 millions de tonnes d’engrais complexes.

« Cette décision vise à assurer la continuité des activités des producteurs agricoles, des fabricants d’aliments pour animaux et des autres consommateurs, en garantissant un niveau suffisant d'engrais sur le marché intérieur […] Les quotas ne s'appliqueront pas aux livraisons d'engrais vers l'Abkhazie et l'Ossétie du Sud, au transport de ces produits hors du territoire russe dans le cadre de transits internationaux, ni aux livraisons effectuées au titre de l'aide humanitaire internationale », indiquent les autorités.

Ce nouveau quota fait suite au précédent portant sur 18,7 millions de tonnes et en vigueur du 1er décembre 2025 au 31 mai prochain.

Dans un pays qui pèse pour environ 20 % du commerce mondial d’engrais en 2023, cette décision intervient aussi au lendemain de l’expiration de la suspension d’un mois des licences d’exportation de nitrate d’ammonium, décidée par le ministère russe de l’Agriculture.

Une décision justifiée par la nécessité de « donner la priorité aux besoins du marché intérieur pendant la période des travaux agricoles de printemps », dans un contexte de demande externe croissante.

Un marché des engrais déjà fragilisé

L’annonce russe s’inscrit dans un contexte où le marché mondial des engrais est déjà sous forte pression, du fait de la guerre en Iran et des perturbations au niveau du détroit d’Ormuz, par lequel transite près d’un tiers du commerce maritime mondial de fertilisants, soit environ 16 millions de tonnes. 

Depuis le début du conflit, le 28 février dernier, les prix de l’urée ont déjà doublé par rapport à leur niveau de 2025. Selon Bloomberg, qui cite des données de l’entreprise émiratie Fertiglobe, les exportations de cet engrais azoté en provenance du Golfe ont fondu à environ 300 000 tonnes en mars, contre des volumes mensuels habituels de 1,7 million de tonnes.

D’après le média économique, jusqu’à 44 navires chargés d’engrais seraient encore immobilisés dans le golfe Persique, sans oser franchir le détroit.

Face à la situation actuelle sur le marché, la FAO avait appelé le 13 avril dernier, les États à s’abstenir d’imposer des restrictions à l’exportation d’énergie et d’engrais sous peine de transformer la crise des intrants en véritable choc alimentaire mondial.

« L’horloge tourne. La dernière chose que nous souhaitons, ce sont des rendements plus faibles, des prix des matières premières alimentaires plus élevés et une nouvelle poussée d’inflation alimentaire l’an prochain », avait martelé Maximo Torero, chef économiste de la FAO. 

Pour rappel, en dehors de la Russie, la Chine – premier producteur et consommateur mondial – a introduit des restrictions sur ses exportations d’urée dès octobre 2025 afin de sécuriser son marché domestique, et a prolongé cette mesure jusqu’en août 2026.  

Espoir Olodo

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