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Déforestation : après une année 2024 noire, les forêts tropicales primaires ont connu un répit en 2025

Déforestation : après une année 2024 noire, les forêts tropicales primaires ont connu un répit en 2025
  • Date de création: 30 avril 2026 09:34

(Agence Ecofin) - A l’échelle mondiale, la déforestation demeure une menace majeure pour la biodiversité, le climat, et les moyens de subsistance des populations. Face à un phénomène qui continue de gagner du terrain, les efforts de lutte se multiplient.

La bonne nouvelle est que le taux de croissance de la déforestation mondiale recule, la mauvaise est qu'il ne le fait pas assez vite. C’est un résumé des informations publiées le mercredi 29 avril par Global Forest Watch (GFW), un projet lancé par le World Resources Institute (WRI) et l'Université du Maryland. 

Au total en 2025, le monde a perdu , 4,3 millions d’hectares de forêt tropicale primaire (forêts n’ayant pas subi l’action humaine), un niveau en baisse d’environ 36 % par rapport à 2024 qui avait été une année noire. Le principal facteur de perte du couvert forestier reste l’expansion des terres cultivées pour la production de matières premières destinées aux marchés internationaux ou pour l’agriculture de subsistance destinée aux ménages, suivi par les incendies.

Une tendance positive portée par le Brésil 

Selon GFW, le répit enregistré en 2025 est d’abord le fait des bons résultats au Brésil. Dans la première économie d’Amérique du Sud, la perte des couvertures forestières a chuté à 1,63 millions d’hectares (Mha) durant l’année écoulée contre 2,82 Mha en 2024, tirant vers le bas la moyenne mondiale. Cette situation est étroitement liée au renforcement par le président Luiz Inácio Lula da Silva de la lutte contre les abattages illégaux, avec la multiplication des opérations de contrôle. 

« À titre d’exemple, son administration a relancé le PPCDAm, un cadre stratégique de lutte contre la déforestation qui coordonne l’action de 19 agences fédérales, en l’étendant désormais à l’ensemble des biomes du pays. Mis en place pour la première fois en 2004, le PPCDAm avait déjà permis de fortes réductions de la perte de forêts primaires en Amazonie au début des années 2000. Le volet répressif a lui aussi été renforcé : l’agence environnementale fédérale IBAMA a accru, entre 2023 et 2025, le nombre de notifications d’infractions environnementales de 81% et le montant des amendes de 63%, par rapport à la période 2020‑2022 », expliquent les auteurs de la publication. 

Sur la période sous revue, c’est Madagascar qui a été le pays le plus touché par rapport à l’étendue de ses forêts primaires avec une perte de 1,9 %, soit 90 000 ha.  Au niveau de la Grande Ile, l’agriculture sur brûlis et l’extraction illégale de saphir et de nickel, qui se développent respectivement dans la partie nord et la partie sud du corridor Ankeniheny ‑ Zahamena (ZAC), l’un des derniers grands vestiges de forêt primaire, sont considérés comme les principales menaces.

Comme en 2024, la République démocratique du Congo, qui abrite le second poumon écologique de la planète derrière l’Amazonie, demeure le 3e pays au monde où les superficies perdues sont les plus importantes dans l’absolu, avec 560 000 ha partis dans l’expansion des terres cultivées et l’exploitation du bois pour le feu de cuisson, ainsi que la production de charbon, principale source d’énergie.

Selon la Banque mondiale, la biomasse représente 98,8 % de la consommation énergétique totale des ménages du pays, dont 81,8 % sous forme de bois de chauffage et 17 % de charbon de bois, la part des sources d’énergie domestique plus propres restant très limitée.

Des progrès insuffisants au regard des objectifs climatiques

Alors même que ce recul est encourageant, GFW précise que les pertes en 2025 représentent l’équivalent de plus de 11 terrains de football par minute, et que l’ampleur du phénomène reste 46 % plus élevée qu’il y a dix ans. En outre, l’organisme souligne que les effets du changement climatique rendent les forêts de plus en plus vulnérables et menacent de transformer ces puits de carbone en sources nettes d’émissions. 

Sur un autre plan, la déforestation reste à un niveau beaucoup trop élevé pour respecter la Déclaration de New York sur les forêts de 2014, qui engageait plusieurs gouvernements à éradiquer ce fléau d’ici 2030.

« Les données de 2025 montrent qu’il est possible de réduire la perte de forêts. Les fortes baisses enregistrées au Brésil, conjuguées à des niveaux de déforestation relativement faibles ou stables en Colombie, en Indonésie et en Malaisie, illustrent à quel point les choix politiques, le renforcement de l’application des lois et les engagements des entreprises peuvent améliorer l’état des forêts. Dans le même temps, les pertes élevées observées dans d’autres régions rappellent la nécessité de maintenir et d’amplifier les efforts pour prévenir la destruction des forêts. À quelques années seulement de l’échéance fixée pour atteindre l’objectif mondial consistant à stopper et inverser la perte de forêts d’ici 2030, les pays vont devoir accélérer leur action », exhortent les auteurs.

Espoir Olodo

Edité par : Feriol Bewa

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