Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Ghana : l’idée d’un retour au prêt syndiqué fait son chemin dans la filière cacao

  • Date de création: 29 janvier 2026 17:30

(Agence Ecofin) - Au Ghana, le système de commercialisation du cacao connaît depuis plus d’un an un changement majeur. Cette réforme qui met les acteurs privés au centre du financement, montre néanmoins quelques limites. 

Longtemps réfutée, l’hypothèse d’un retour au prêt syndiqué pour le financement de la commercialisation du cacao n’est plus à exclure au Ghana. C’est du moins ce que rapporte Reuters, qui cite Jerome Kweku Sam, directeur de la communication du Conseil ghanéen du cacao (Cocobod).

Pour la campagne 2024/2025, l’organisme public avait annoncé en août 2024 qu’il ne solliciterait pas un consortium de banques locales et internationales afin de mobiliser le capital nécessaire pour acheter les fèves auprès des producteurs. L’une des raisons évoquées portait sur la nécessité d’éviter le paiement d’intérêts élevés. Pour l’exercice précédent, le coût d’accès au capital avait  en effet culminé à 150 millions USD.

1 cacao

En lieu et place de cette méthode appliquée depuis 1992, le régulateur a opté pour un nouveau processus qui met plus à contribution les multinationales. Le principe est d'exiger des compagnies qu’elles paient à l’avance 60 % de la valeur de leurs contrats, et préfinancent les compagnies d’achat agréées (Licensed Buying Companies - LBCs). Si ce schéma était entendu, c’était sans compter sur la baisse des prix internationaux du cacao durant l’année écoulée.

En effet, avec la chute des prix des fèves, les tradeurs ont été réticents à avancer une partie des fonds pour la campagne 2025/2026. Cette situation a plongé les entreprises agréées pour rachat les fèves auprès des producteurs dans une crise de liquidité, et entraîné l’accumulation des fèves dans les zones de production. Face à cette situation, M. Sam défend le bien-fondé de l’ancien processus. « Si nous avions eu l'argent du prêt syndiqué, nous aurions disposé de fonds que nous aurions pu utiliser comme capital d'amorçage », confie-t-il, en ajoutant que le Cocobod est en discussion avec le ministère des Finances pour venir à bout de la crise des paiements aux agriculteurs.

Un casse-tête supplémentaire pour le gouvernement

Pour l’heure, l’intervention de M. Sam n’a été appuyée ni à l’interne par la direction du Cocobod, ni par des sources gouvernementales. Mais sa sortie vient refléter les défis croissants liés au virage vers un nouveau système de financement dans la filière au Ghana. Déjà en décembre 2024, quelques mois seulement après l’annonce de la fin des prêts syndiqués, Bloomberg rapportait que des entreprises comme Cargill, Olam et Barry Callebaut n’avançaient des fonds qu’à une poignée de LBCs qu’elles connaissent ou détiennent, ce qui exclut la majorité des acheteurs de l’intérieur du pays. 

« Sur les 62 LBCs enregistrées, seulement 20 sont actives sur le marché actuellement. Dans ce total, 5 entreprises détenues par les entreprises étrangères contrôlent 60 % des opérations », dénonçait Victus Dzah, secrétaire exécutif de l’Association des LBCs du Ghana. Il faut noter que la filière cacao ghanéenne sort d’une campagne 2024/2025 positive. Selon les dernières données du Département américain de l’agriculture (USDA), le pays a produit 600 000 tonnes de fèves, contre 531 000 tonnes un an plus tôt.

1 cacao2

Sur le plan commercial, l’année écoulée a également été faste pour les recettes, portées par une hausse des volumes expédiés. Entre janvier et décembre 2025, les recettes à l’exportation ont ainsi atteint 3,86 milliards USD, soit presque le double de l’enveloppe de 2024 (1,938 milliard USD), selon un rapport de la Banque centrale du Ghana (BoG) publié le mardi 27 janvier 2026.

En attendant d’avoir plus de détails dans les prochaines semaines, la résolution de la question du financement vient s’ajouter au chantier des réformes dans la filière, annoncées par le président John Dramani Mahama. Fraîchement élu, celui-ci avait alors critiqué le Cocobod pour son inefficacité dans l'amélioration des revenus des producteurs, et parlé de restructurer l’organisme public en limitant les dépenses administratives.

Espoir Olodo

Sur le même thème
Le promoteur camerounais prévoit 214 chambres et suites, 35 appartements hôteliers et 17 000 m² de bureaux. Le financement combine notamment 140,7 millions d’euros de...
SolarTaxi veut faire de son futur site de Prampram au Ghana une base d’exportation vers le reste de l'Afrique. Mais depuis février, la Zlecaf...
Trois ans après le début de la crise, le marché du diamant naturel subit toujours des prix bas et une demande en déclin, sous...
L’Afrique réalise des performances globalement modestes. Aucun pays du continent ne figure dans le Top 50 mondial, et la majorité des destinations africaines couvertes...