Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

L’Ouganda prépare sa première campagne de vaccination contre la fièvre aphteuse

L’Ouganda prépare sa première campagne de vaccination contre la fièvre aphteuse
  • Date de création: 15 juin 2026 15:45

(Agence Ecofin) - La fièvre aphteuse figure parmi les principales menaces sanitaires pour les élevages de bétails en Afrique de l’Est. Face à cette maladie virale endémique, l’Ouganda introduit un programme de vaccination à grande échelle dans sa politique de gestion de la santé animale.

L’Ouganda s’apprête à lancer entre juillet et août 2026 sa première campagne nationale de vaccination de masse contre la fièvre aphteuse (FMD), une maladie virale contagieuse qui touche principalement les ruminants. C’est ce qu’a annoncé Bright Rwamirama, ministre d’État chargé de l’industrie animale, le dimanche 14 juin. Cette initiative intervient dans un contexte de restructuration profonde de la politique sanitaire animale, où le pays cherche à passer d’une approche réactive à un dispositif de contrôle progressif et durable.

Une campagne de masse bisannuelle

La campagne de vaccination annoncée constitue la première mise en œuvre à grande échelle du nouveau modèle vaccinal national. Elle prévoit deux cycles de vaccination par an afin de couvrir progressivement l’ensemble du cheptel et réduire la circulation du virus.
Le dispositif repose sur un partage des responsabilités entre l’État et les éleveurs. Le gouvernement prend en charge les vaccins, la chaîne du froid, la logistique, la distribution et la supervision vétérinaire. Les éleveurs, eux, contribuent financièrement à travers une redevance subventionnée par dose de vaccin appliquée aux animaux.

Les coûts fixés sont de 8 000 shillings (2,13 $) par dose pour les bovins et les porcs, et de 4 000 shillings (1,06 $) pour les chèvres et les moutons. L’accès à la campagne est conditionné à l’enregistrement des éleveurs dans une base de données nationale, un mécanisme qui vise à améliorer le suivi et la couverture vaccinale.

« Cette campagne ciblera environ 45,5 millions d’animaux sensibles en Ouganda, dont environ 16,5 millions de bovins, 17,4 millions de chèvres, 4,5 millions de moutons et environ huit millions de porcs », a déclaré M. Rwamirama.

Bien que rarement mortel pour les animaux adultes, le FMD provoque des pertes économiques liées à la baisse de la production laitière, à la dégradation des performances de reproduction et aux restrictions commerciales qui affectent les exportations de bétail vivant et de produits dérivés, dont le lait et la viande.

En Ouganda, la maladie a connu une forte recrudescence ces dernières années. Selon la FAO, plus de 40 districts ougandais ont rapporté des foyers de la maladie en 2023, tandis que de nouveaux épisodes ont continué à être signalés en 2024 et 2025.

Un casse-tête aussi bien au niveau régional que continental

La persistance de la fièvre aphteuse (FMD) a conduit les pays d’Afrique de l’Est à adopter en décembre 2025 à Nairobi un cadre stratégique régional de lutte contre la maladie pour la période 2026-2035. Baptisé « Strategic Framework for the Control of Foot-and-Mouth Disease in Eastern Africa 2026–2035 », ce document vise à harmoniser la surveillance épidémiologique, les campagnes de vaccination, les capacités de diagnostic, le contrôle des mouvements d’animaux et la coopération transfrontalière afin de réduire durablement l’impact économique de la maladie.

En dehors de l’Afrique de l’Est, la maladie sévit dans d’autres régions en Afrique. Depuis le début de l’année 2026, c’est l’Afrique australe qui fait face à une résurgence de la FMD. Les données compilées par l’Organisation mondiale de la santé animale montrent, par exemple, qu’entre janvier et juin 2026, cinq pays africains sur un total de six ayant signalé des foyers de la maladie se trouvent en Afrique australe. Il s’agit du Zimbabwe, de la Zambie, du Botswana, du Lesotho et de l’Eswatini.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

13/03/2026 : L’Afrique du Sud mise sur l’expertise allemande dans sa lutte contre la fièvre aphteuse

03/03/2026 : La Namibie s’inquiète de la propagation de la fièvre aphteuse en Afrique australe

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...