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Viandes rouges : les exportateurs américains gagnent du terrain sur le marché nigérian

Viandes rouges : les exportateurs américains gagnent du terrain sur le marché nigérian
  • Date de création: 26 août 2026 17:13

(Agence Ecofin) - Pays le plus peuplé d’Afrique, le Nigeria est un marché stratégique pour les fournisseurs étrangers de produits alimentaires. Alors qu’il figurait encore récemment parmi les marchés africains les plus difficiles d’accès pour la viande rouge, le pays semble céder du terrain face à l’offensive américaine.

Dans un communiqué publié le 21 août dernier sur son site, la Fédération des exportateurs de viande des États-Unis (USMEF) a annoncé que le marché nigérian était désormais ouvert à une large gamme de produits américains à base de bœuf et de porc, à l’exception de certaines catégories spécifiquement exclues.

Concrètement, les morceaux de bœuf sont désormais éligibles à l’exportation, de même que les différents morceaux de porc, à l’exception des jambons avec os. Le changement est significatif. Jusqu’ici, le Nigeria n’autorisait quasiment pas les importations de viande rouge américaine fraîche ou congelée, à l’exception d’une gamme très limitée de produits transformés. Ce développement élargit donc sensiblement le champ des produits pouvant accéder au marché du pays le plus peuplé d’Afrique.

Une ouverture qui intervient au cœur de l’offensive américaine en Afrique

Cette évolution prend une résonance particulière au regard de la campagne menée depuis plusieurs mois par les exportateurs américains de viande en Afrique.

Le 1er juin dernier, l’USMEF avait appelé le Bureau du représentant américain au Commerce (USTR) à utiliser l’African Growth and Opportunity Act (AGOA) comme levier pour obtenir un meilleur accès à plusieurs marchés africains jugés stratégiques. Le Nigeria figurait alors parmi les principales cibles de cette offensive qui visait également l’Afrique du Sud, l’Angola, le Kenya et la Namibie, identifiés comme des marchés présentant des obstacles à l’accès des produits américains.

À cette date, l’organisation dénonçait précisément les restrictions nigérianes sur les importations de viande rouge américaine fraîche ou congelée. Elle estimait que l’AGOA pouvait servir de moyen de pression sur Abuja et demandait à Washington d’envisager des sanctions ou la suspension des avantages commerciaux accordés au Nigeria tant que ces restrictions ne seraient pas levées.

Deux mois plus tard, les conditions d’accès au marché nigérian évoluent donc dans le sens réclamé par les exportateurs américains. La coïncidence est suffisamment marquante pour interroger sur l’influence de cette offensive sur la décision nigériane. Il serait toutefois prématuré d’établir un lien de causalité direct. L’USMEF présente de son côté l’ouverture comme l’aboutissement de discussions engagées depuis plusieurs années avec les autorités nigérianes, avec l’appui du département américain de l’Agriculture.

Une opportunité commerciale qui reste encore à sécuriser

Pour les exportateurs américains, le prochain défi sera désormais de transformer cet accès réglementaire en parts de marché. « Il existe certainement des défis à relever, et il faudra du temps pour s’implanter dans les secteurs nigérians de la distribution et de la restauration », a déclaré Dan Halstrom, président-directeur général de l’USMEF. L’ouverture ne signifie donc pas que le Nigeria va immédiatement devenir une destination majeure pour la viande américaine.

Les exportateurs devront encore trouver des importateurs, développer leurs réseaux de distribution et faire face à la concurrence des fournisseurs déjà présents sur plusieurs segments du marché nigérian de la viande rouge. En 2025, le Nigeria a d’ailleurs importé pour près de 8,7 millions $ de viandes rouges fraîches ou congelées, selon les données compilées sur la plateforme Trade Map. Ces achats provenaient principalement d’Afrique du Sud et de plusieurs pays de l’Union européenne, dont l’Espagne, la France et la Belgique. Dans le détail, la viande bovine a représenté près de 73 % de la facture des achats, suivie par la viande ovine (22 %), tandis que le reste concerne la viande porcine.

L’enjeu est d’autant plus stratégique que les perspectives de croissance de la consommation de protéines animales sont prometteuses et susceptibles d’accroître davantage le recours aux importations dans les années à venir. Selon la FAO, la consommation de viande de bœuf du Nigeria pourrait atteindre 1,4 million de tonnes d’ici 2050 contre 470 000 tonnes en 2015.

Reste à savoir si le cas nigérian restera une exception ou s’il préfigurera une évolution plus large des relations commerciales entre les États-Unis et les marchés africains ciblés par l’industrie américaine de la viande.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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10/06/2026 : Commerce : les exportateurs américains de viande veulent utiliser l’AGOA comme arme de pression en Afrique

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