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Gabon : sans électricité stable, la transformation du manganèse restera un vœu pieux

Gabon : sans électricité stable, la transformation du manganèse restera un vœu pieux
  • Date de création: 23 septembre 2026 12:39

(Agence Ecofin) - Le Gabon a engagé depuis 2023 une politique de transformation locale de ses matières premières. Sa concrétisation dépend d’un secteur énergétique dont les fragilités structurelles restent à ce jour sans réponse définitive.

Lors d’une réunion tenue en Chine entre le ministre gabonais des Mines, Sosthène Nguema Nguema, et les équipes de Huawei Digital Power Technologies le défi de l’accès à l’électricité au Gabon a été mis en exergue. Selon les données rapportées samedi 19 septembre par l’Agence gabonaise de presse (AGP), le pays accuse un déficit de 500 mégawatts (MW) dans sa seule capitale, et ses besoins totaux pourraient atteindre 2,5 gigawatts (GW) si l’industrie minière se développe comme prévu.

Ces chiffres pèsent d’autant plus lourd que le Gabon a pris un engagement industriel majeur. Fin juillet, Libreville a signé avec Eramet et sa filiale Comilog qui extrait environ 90 % du manganèse national, un accord pour transformer jusqu’à 700 000 tonnes de minerai par an sur le sol gabonais d’ici fin 2031. Le texte reconnaît qu’une énergie à la fois stable et à prix compétitif conditionne la viabilité du projet.

Or la trajectoire actuelle va dans le sens inverse. Au premier trimestre 2026, la production d’électricité a reculé de 20 % sur un an, indique la Direction générale de l’économie et de la politique fiscale (DGEPF) dans sa dernière note de conjoncture. Un recul qui fragilise davantage le Pacte national de l’énergie, publié en juin et qui vise 1100 MW installés d’ici 2030.

Dans son discours sur l’état de la Nation, le président Brice Clotaire Oligui Nguema a annoncé plus de 800 milliards de francs CFA (environ 1,3 milliard de dollars) en nouvelles capacités, tout en reconnaissant que les résultats prendront plusieurs années. Dans ce contexte, Huawei a proposé d’associer hydroélectricité, énergie solaire et batteries pour rapprocher la production des zones minières plutôt que d’étendre un réseau national déjà fragile.

Le groupe a cité notamment un projet en Arabie saoudite combinant 400 MW de solaire et 1,3 gigawattheure (GWh) de stockage, a rapporté Gabon Infos. Le Gabon dispose par ailleurs d’un potentiel hydroélectrique estimé entre 5 000 et 6 000 MW par plusieurs études sectorielles, une ressource encore largement sous-exploitée.

Face à ce défi, la question du financement reste entière. On ignore encore qui construira ces infrastructures, qui en assumera la maîtrise d’ouvrage et à quel tarif l’électricité sera fournie aux industriels. D’après l’AGP, Huawei recommande une coordination entre le ministère des Mines, le ministère de l’Énergie, la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG) et les entreprises minières pour trancher ces points.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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08/07/2026 : Le Gabon mise sur le gaz et l’hydroélectricité pour renforcer son système électrique (Mission 300)

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