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L’Angola explore une coopération avec le Brésil pour relancer sa filière coton

L’Angola explore une coopération avec le Brésil pour relancer sa filière coton
  • Date de création: 23 septembre 2026 10:18

(Agence Ecofin) - En Angola, le gouvernement manifeste depuis plusieurs années son intérêt pour la relance d’une filière coton en déclin. Dans cette perspective, les autorités cherchent désormais à renforcer les capacités de production et à structurer davantage la chaîne de valeur afin de favoriser son développement.

L’Angola cherche au Brésil des opportunités d’investissement et de coopération pour développer sa filière coton. Selon les informations relayées le 18 septembre dernier par l’Agence angolaise de presse (ANGOP), une délégation du ministère de l’Industrie et du Commerce et de la Banque de développement d’Angola (BDA) s’est rendue à Brasília dans le cadre d’une mission consacrée au secteur cotonnier.

La délégation a notamment échangé avec la direction de l’Association brésilienne des producteurs de coton (ABRAPA) sur l’expérience du pays en matière de production, de structuration de la chaîne de valeur, d’innovation technologique et d’accès aux marchés internationaux. Elle a également visité le Centre brésilien de référence en analyse du coton (CBRA), où elle a pris connaissance des procédés d’analyse et de contrôle de la qualité de la fibre.

Cette mission constitue une nouvelle manifestation de l’intérêt des pouvoirs publics pour la relance de la filière coton. Elle intervient quelques mois après l’assouplissement, par Luanda, de sa réglementation sur les organismes génétiquement modifiés (OGM). Depuis le 15 mai 2026, en effet, l’Angola autorise, sous certaines conditions réglementaires, l’importation et la production de semences génétiquement modifiées de coton et de ricin après plus de 20 ans d’interdiction.

Si les autorités n’ont pas précisé les motivations de cette évolution, celle-ci intervient dans un contexte où Luanda cherche à relancer une filière dont les performances restent éloignées des ambitions affichées. Selon les données de la FAO, l’Angola n’a produit que 3 300 tonnes de coton graine en 2024, sur 5 836 hectares, alors qu’un plan de relance lancé en 2014 visait une production annuelle de 100 000 tonnes. Les variétés de coton génétiquement modifiées peuvent notamment être utilisées pour améliorer la protection des cultures contre certains ravageurs.

Dans ce contexte, le rapprochement avec le Brésil présente un intérêt particulier pour Luanda. Le pays est le troisième producteur mondial de coton après la Chine et l’Inde, et le premier exportateur mondial de la fibre. En 2025/2026, le pays d’Amérique du Sud a enregistré une production de 4 millions de tonnes de coton, tandis que ses exportations ont totalisé près de 3,4 millions de tonnes.

La filière brésilienne se caractérise également par une forte adoption des biotechnologies. Selon un rapport de l’USDA publié en décembre 2025, les variétés de semences génétiquement modifiées représentaient 99 % des superficies de coton cultivées au Brésil durant la campagne 2024/2025. Ces technologies comprennent notamment des caractères de résistance à certains insectes. Leur utilisation s’inscrit toutefois dans un modèle plus large reposant également sur la recherche variétale, la mécanisation, le contrôle de la qualité et l’organisation de la commercialisation.

Un modèle brésilien déjà convoité ailleurs en Afrique

Il convient également de noter que l’expérience brésilienne est déjà mobilisée dans d’autres filières africaines en l’occurrence le Sénégal et le Nigeria. Lors de la campagne 2024/2025 par exemple, le rendement cotonnier sénégalais a progressé de 50 % pour atteindre 1,26 tonne par hectare, soit le niveau le plus élevé de la zone CFA, selon le Programme régional de production intégrée du coton en Afrique (PR-PICA) durant cette campagne. Le directeur général de la Société de développement et des fibres textiles du Sénégal (Sodefitex), Papa Fata Ndiaye, avait alors attribué ce gain de productivité à l’utilisation de semences améliorées issues d’une collaboration avec le Brésil.

Le Nigeria a, de son côté, engagé une coopération avec Brasília sur un volet davantage axé sur la technologie. En août 2025, les deux pays ont signé un protocole d’accord dans les domaines de la science, de la technologie et de l’innovation, avec un volet consacré au coton. Celui-ci prévoit une coopération dans la biotechnologie, l’optimisation des cycles de culture, la résistance aux ravageurs et les essais de performance des semences.

Pour l’Angola, l’enjeu sera désormais de déterminer si les échanges engagés à Brasília peuvent déboucher sur des investissements, des transferts de technologies ou des partenariats susceptibles d’accompagner la reconstruction de sa chaîne de valeur cotonnière.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

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29/06/2026: Coton ouest-africain : comment les principaux producteurs abordent la campagne 2026/2027

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