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Quota pétrolier OPEP+ : les ambitions du Nigeria à l’épreuve de la réalité

  • Date de création: 23 juillet 2025 10:28

(Agence Ecofin) - Depuis la révision de son quota de production pétrolière à 1,5 million de barils par jour en 2024, le Nigeria, premier producteur de brut d’Afrique, intensifie ses efforts pour en obtenir le relèvement, en misant sur la reprise de sa capacité de production.

Fort d’une production de 1,505 million b/j enregistrée au terme du mois juin, soit une augmentation de 3,58 % par rapport au mois précédent, le Nigeria souhaite porter sa production à 2 millions b/j d’ici 2027, en s’appuyant sur la montée en puissance de ses capacités de raffinage et sur une consommation intérieure accrue, susceptible d’absorber une part croissante du brut produit localement.

Cet argument évoqué par Bashir Bayo Ojulari (photo), le patron de la société publique du pétrole (NNPC Ltd) lors d’une sortie médiatique jeudi 10 juillet, se heurte à la fragilité persistante de l’industrie pétrolière du pays.

En 2022 par exemple, alors que son plateau était fixé à 1,8 million b/j, la production réelle s’est rarement maintenue au-dessus du million b/j, en raison notamment du sabotage des pipelines, du vol de brut et de la baisse des investissements dans l’amont pétrolier.

Si la situation s’est quelque peu améliorée depuis, la production d’or noir du Nigeria est régulièrement restée en dessous des objectifs fixés dans le cadre de l’OPEP+. Sur l’année en cours, le quota en vigueur n’a été atteint qu’à deux reprises.

L’ambition du Nigeria de voir augmenter son quota de production s’inscrit dans un contexte budgétaire tendu. Selon les médias locaux, le pays a fondé son budget 2025 sur une production de 2,06 millions b/j, bien au-delà des niveaux atteints. Un décalage qui fragilise ses recettes. Début juillet, le Fonds monétaire international (FMI) a alerté sur un risque de déficit budgétaire de 4,7 % du PIB cette année, en partie du fait de recettes pétrolières inférieures aux prévisions.

Par ailleurs, même dans l’éventualité où ce quota venait à être revu à la hausse, la stabilité de la production demeure incertaine, compte tenu des conditions sécuritaires et logistiques toujours fragiles dans le pays, malgré les efforts déployés pour y remédier.

Pour rappel, les quotas révisés de l’OPEP+ seront définis en novembre prochain à partir d’évaluations techniques et des conditions du marché mondial.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

06/02/2025 - Le Nigeria déterminé à obtenir une amélioration de son quota de production

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