Facebook Agence Ecofin Twitter Agence Ecofin LinkedIn Agence Ecofin
Instagram Agence Ecofin Youtube Agence Ecofin Tik Tok Agence Ecofin WhatsApp Agence Ecofin

Mali : un budget de 289 millions $ pour la campagne agricole de 2026/2027 (+2 %)

Mali : un budget de 289 millions $ pour la campagne agricole de 2026/2027 (+2 %)
  • Date de création: 06 avril 2026 05:38

(Agence Ecofin) - Au Mali, le secteur agricole contribue à hauteur de 33 % au PIB. L’appui du gouvernement pour accompagner les agriculteurs durant chaque nouvelle campagne agricole est déterminant pour la réalisation des objectifs de production et la résilience du secteur face aux défis climatiques et agronomiques.

164,4 milliards de francs CFA. C’est le budget prévisionnel alloué par le gouvernement en soutien à la campagne agricole 2026/2027. L’annonce a été faite au cours de la 16ème session du Comité Exécutif National de l’Agriculture (CENA), qui s’est tenue le 2 avril dernier à Bamako.

Cette enveloppe est en hausse de 2 % par rapport au budget dédié à la campagne précédente. Selon les autorités, cet appui permettra de soutenir les efforts de production agricole des filières stratégiques pour la sécurité alimentaire et l’économie.

Une relance attendue de la filière coton

Deuxième produit d’exportation du Mali après l’or, le coton pèse lourd dans la balance commerciale malienne. Pour le compte de la campagne de 2026/2027, Bamako espère porter sa production de coton graine à 598 500 tonnes. Cette projection, si elle se réalise, signerait une croissance de près de 38 % par rapport à la campagne précédente (433 700 tonnes).

Si les détails concernant l’appui destiné à cette filière ne sont pas connus, on sait que la Compagnie Malienne pour le Développement des Textiles (CMDT) a annoncé en mars dernier son intention d’augmenter la superficie consacrée à la culture de la fibre de près de 18 % pour la porter à 630 000 hectares. Cet objectif implique une augmentation des volumes d’intrants (engrais, pesticides et insecticides) généralement subventionnés par le gouvernement.

Selon les informations relayées par les médias locaux, les attaques d’insectes ravageurs constituent le principal défi qui inquiète les producteurs. « L’aide dont nous avons le plus besoin actuellement est celle qui permettra de protéger nos cultures. Si les dégâts enregistrés les années précédentes se répètent, ce sera un coup dur pour la filière coton », rapporte par exemple le média local Studio Tamani le 3 avril dernier citant Sékou Coulibaly, cotonculteur dans la commune de Ngoutjina.

Au Mali, comme dans la majorité des pays producteurs de coton d’Afrique de l’Ouest, le principal ravageur des champs de coton au cours des dernières années est le jasside (insecte parasite du coton).

Quoi qu’il en soit, la progression attendue de la production cotonnière au cours de la campagne 2026/2027 pourrait marquer un tournant pour la filière malienne. Dans le pays la production de coton graine a, en effet évolué en dents de scie sur les cinq dernières campagnes. Depuis le pic de production de 777 000 tonnes atteintes en 2021/2022, la filière n’est plus jamais parvenue à franchir la barre des 700 000 tonnes. Cette irrégularité lui a déjà coûté sa place de leader africain de l’offre au détriment du Bénin à plusieurs reprises, dont la dernière qui remonte à la campagne 2025/2026.

Une hausse attendue de 4 % de la production céréalière

La céréaliculture constitue également une priorité pour les pouvoirs publics en raison de son rôle stratégique pour la sécurité alimentaire. Comme dans la majorité des pays d’Afrique subsaharienne, les céréales cultivées localement constituent la base de l’alimentation des populations. Pour le compte de la campagne agricole 2026/2027, Bamako anticipe une croissance de 4 % de la récolte d’une année sur l’autre pour atteindre 11,91 millions de tonnes.

Au Mali, le maïs est la principale céréale cultivée, comptant pour environ 40 % de la production céréalière, suivi du riz, du mil et du sorgho, d’après les données de la FAO. Les prochains développements permettront de savoir comment le budget sera réparti entre les filières céréalières ainsi que d’autres sous-secteurs agricoles moins stratégiques, mais tout aussi importants que le coton et les céréales.

Stéphanas Assocle

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi:

05/03/2026 : Le Mali vise une croissance de plus de 50 % de sa production de coton en 2026/2027

01/01/2026 : Burkina Faso : 88 millions $ de la BOAD en soutien à la campagne cotonnière 2026/2027

Sur le même thème
Le Ghana a recours aux importations pour la quasi-totalité de ses besoins en engrais. Jusqu’ici marginal, le segment des engrais organiques suscite un intérêt...
La Banque ouest-africaine de développement va débloquer 45 milliards FCFA pour la troisième phase du Programme d’appui à la mécanisation agricole et à l’irrigation...
La Côte d’Ivoire et le Ghana s’imposent respectivement comme les 1er et 2ème producteurs mondiaux de cacao. Sur un marché volatil, les prix bord...
Au Sénégal, l’élevage représente environ 4 % du PIB et fait vivre près d’un tiers des ménages. Ces dernières années, le vol de bétail s’est...