(Agence Ecofin) - Au Ghana, la filière cacao fournit 15 % des recettes d’exportation. Le pays est confronté à des difficultés dans la commercialisation de ses fèves.
Dans le bassin cacaoyer ouest-africain, la crise gagne du terrain. Après la Côte d’Ivoire, le Ghana a annoncé la semaine dernière un stock d’invendus de 50 000 tonnes de fèves au niveau de ses ports. D’après le Conseil ghanéen du cacao (Cocobod), le pays a écoulé depuis le début de la saison 2025/2026, 530 000 tonnes de cacao.
« Nous avons des discussions très sérieuses. C’est un dossier que le gouvernement prend extrêmement au sérieux et nous voulons régler la question au plus vite », indique à Reuters, Ransford Abbey, directeur général du Cocobod.
Dans l’ex-Gold Coast comme chez son voisin ivoirien, l’appareil de commercialisation a été fragilisé par la dégringolade des prix. Proche de 13 000 $ la tonne à la Bourse de New York, en décembre 2024, les cours ont chuté entre 5000 et 6 000 $ la tonne un an plus tard. Depuis le début du mois, les prix fluctuent autour des 4 000 $.
Un tel contexte couplé à un prix d’achat au producteur historiquement élevé à 58 000 cédis la tonne (5 281 $) a plongé les traders dans une crise de liquidité et entraîné l’accumulation des fèves.
Vers une intervention publique ?
En Côte d’Ivoire, le gouvernement a annoncé le 20 janvier dernier le rachat de 123 000 tonnes de cacao invendu dans les zones de production pour un total de 280 milliards FCFA (508 millions $). Ce scénario se déroulera-t-il aussi au Ghana ? Parmi les compagnies d’achat agréées (Licensed Buying Companies - LBCs), on appelle les autorités à prendre la mesure de la crise.
D’après les informations relayées Reuters, ces entreprises estiment qu’il faudrait en urgence des fonds pour racheter 300 000 tonnes de fèves. Un volume qui comprend aussi bien le stock dans les ports, mais aussi des volumes de fèves non réglés et encore entreposés à l’intérieur du pays par les LBCs, les stocks toujours conservés chez les producteurs, ainsi que les quantités supplémentaires attendues de la récolte intermédiaire de mars à août.
Espoir Olodo
Édité par Wilfried ASSOGBA
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