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Le Zimbabwe négocie 115 millions $ chez Afreximbank pour renforcer le fret ferroviaire minier

Le Zimbabwe négocie  115 millions $ chez Afreximbank pour renforcer le fret ferroviaire minier
  • Date de création: 19 septembre 2026 19:10

(Agence Ecofin) - Le rebond du lithium et du chrome accroît les besoins logistiques du Zimbabwe, alors que le rail, longtemps délaissé, a perdu une grande partie de ses flux au profit du transport routier.

Le Zimbabwe veut renforcer les moyens de sa compagnie ferroviaire publique pour accompagner la reprise de son activité minière. Dans ce cadre, la National Railways of Zimbabwe (NRZ) négocie avec la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) un financement de 115 millions USD destiné à acquérir 10 locomotives et 315 wagons, ainsi qu'à réparer certaines infrastructures. L’information a été donnée le jeudi 17 septembre par John Mangudya, directeur général de Mutapa Investments, le fonds souverain auquel la compagnie est désormais rattachée.

L’opération se profile après plusieurs années de sous-investissement qui ont fortement réduit les capacités de la NRZ. Son trafic de marchandises est passé de 12 millions de tonnes dans les années 1990 à 2 millions en 2025, après avoir atteint un record de 18 millions de tonnes en 1998. La dégradation du réseau et le manque de matériel roulant ont réduit les moyens de l’opérateur, alors que l’activité minière génère de nouveaux besoins logistiques.

Le lithium illustre cette situation. Alors que les producteurs développent leurs activités, la NRZ ne dispose plus des moyens dont elle bénéficiait à son apogée pour assurer leur acheminement. Une grande partie des minerais est encore transportée par route, jusqu’aux ports d’exportation.

Le lithium remet le rail sur les routes d’exportation

Le 21 juillet 2026, la NRZ a annoncé l’acheminement de concentré de lithium par rail jusqu’au port de Maputo, au Mozambique, avec des opérateurs privés. Le dispositif associe notamment Beitbridge Bulawayo Railway (BBR), filiale du sud-africain Grindrod, et l’entreprise logistique zimbabwéenne Silvergill.

Le parcours représente environ 1 000 km, dont 180 km entre Gwanda et Beitbridge sur le réseau de BBR, 300 km jusqu’à la frontière mozambicaine de Chicualacuala sur le réseau de la NRZ, puis 522 km jusqu’à Maputo sur la ligne du Limpopo. Cette liaison survient alors que le Zimbabwe est devenu le premier producteur africain de lithium. Le pays prévoit des exportations de 344 000 tonnes de sulfate de lithium en 2030, tandis que les entreprises chinoises ont investi environ 2 milliards USD dans le secteur depuis 2021. Le rail offre ainsi une alternative au transport routier pour accompagner les flux destinés aux marchés internationaux.

La NRZ multiplie parallèlement les collaborations avec des entreprises privées pour remettre ses équipements en service. 3 locomotives et 100 wagons ont notamment été réhabilités dans le cadre d’un partenariat avec Zimasco, l’unité zimbabwéenne de ferrochrome de Sinosteel.

Un chantier de 600 millions USD

Les 115 millions USD recherchés ne couvrent toutefois qu’une partie des besoins identifiés par la compagnie. John Mangudya estime à 600 millions USD les investissements nécessaires pour moderniser le matériel roulant et le réseau.

Le gouvernement veut également réorienter une partie du transport lourd vers le rail. Sa stratégie nationale de développement 2026-2030 prévoit la réhabilitation des infrastructures de la NRZ et des mesures imposant le transport ferroviaire pour certaines marchandises en vrac. Cette orientation doit aussi limiter la pression exercée par le trafic lourd sur le réseau routier.

Le Zimbabwe avait déjà exploré une solution de plus grande ampleur. En 2024, le gouvernement avait engagé des discussions avec China Railway Group autour d’un investissement de 533 millions USD couvrant les infrastructures fixes, le matériel roulant et les équipements de signalisation. La compagnie avait aussi ouvert son réseau aux opérateurs privés pour accroître l’activité. Le financement actuellement négocié avec Afreximbank s’inscrit donc dans un chantier engagé depuis plusieurs années pour remettre à niveau le réseau.

Olivier de Souza

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