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Nigeria : l'Etat d'Ogun intègre les plans de recomposition du réseau portuaire national

Nigeria : l'Etat d'Ogun intègre les plans de recomposition du réseau portuaire national
  • Date de création: 26 septembre 2026 20:15

(Agence Ecofin) - Le Nigeria multiplie les initiatives pour accroître ses capacités portuaires et mieux connecter ses bassins industriels aux infrastructures. À Ogun, le projet portuaire Gateway ajoute une nouvelle pièce à ce puzzle, avec l’ambition d’associer port en eau profonde et zone économique spéciale.

Le gouvernement de l’État d’Ogun au Nigeria et DP World ont signé, le jeudi 24 septembre à Paris, des protocoles d’accord portant sur le développement du Gateway Deep Seaport et de la Blue Marine Special Economic Zone. Les deux projets devraient mobiliser, selon les autorités nigérianes, plus de 7 milliards USD d’investissements initiaux, et sont conçus comme un ensemble destiné à renforcer les capacités logistiques et industrielles du pays.

Le futur port doit être implanté à Ogun Waterside, avec un tirant d’eau de 18 mètres et un linéaire de quai de 4 kilomètres. Il doit notamment permettre de recevoir des navires de plus grande capacité et contribuer à réduire la pression exercée sur les infrastructures portuaires historiques de Lagos, notamment Apapa et Tin Can Island.

Un port au service d’un bassin industriel

Le choix d’Ogun donne au projet une dimension particulière. Situé dans l’orbite économique de Lagos, l’État constitue déjà l’un des principaux pôles manufacturiers du Nigeria, avec notamment des activités cimentières et d’autres industries générant d’importants besoins en transport de marchandises. Le projet prévoit ainsi d’associer directement l’infrastructure portuaire à une zone économique spéciale de 10 000 hectares. L’objectif est d’y transformer des intrants importés, de valoriser des matières premières nigérianes et de produire pour les marchés domestiques et extérieurs.

Cette articulation entre port et industrie s’inscrit dans une logique de rapprochement entre les lieux de production, les infrastructures d’import-export et les marchés, alors que les coûts et les délais logistiques restent un enjeu important pour les entreprises nigérianes. Le gouvernement fédéral prévoit par ailleurs de renforcer les connexions routières, ferroviaires et électriques nécessaires au fonctionnement du corridor. La section de 28 km de l’autoroute côtière Lagos-Calabar située dans l’État d’Ogun est notamment présentée comme un maillon essentiel de cette connexion.

Une multiplication des projets autour de Lagos

Le projet de port en eau profonde Gateway intervient surtout dans un contexte où Abuja cherche à élargir progressivement l’architecture portuaire du pays. La stratégie nationale de développement de l’économie maritime et bleue prévoit plusieurs nouveaux ports, notamment à Badagry, Ilaje, Olokola, Agge, Ibaka, Burutu, Snake Island et Bakassi, ainsi que le développement de ports secs à l’intérieur du pays.

Plusieurs de ces projets ont connu des avancées récentes. Début septembre, APM Terminals et Badagry Port Development Ltd. ont signé un protocole d’accord ouvrant des négociations exclusives pour le développement du Badagry Deep Seaport, à l’ouest de Lagos. Le projet vise notamment à accueillir de grands porte-conteneurs et à développer des activités de transbordement. Il reste toutefois soumis à la conclusion des négociations et aux étapes réglementaires et d’investissement ultérieures.

A Lagos, MSC a signé en mars une concession de 45 ans avec Nigerdock pour développer un terminal à conteneurs à Snake Island. L’infrastructure doit disposer à terme d’un quai de 910 mètres et d’une profondeur pouvant atteindre 18 mètres, avec une conception adaptée aux navires de haute mer. Parallèlement, Abuja poursuit la modernisation de ses plateformes existantes, notamment Apapa et Tin Can Island, dans le cadre d’un programme d’investissement annoncé à environ 1 milliard USD.

Répondre à l’augmentation des besoins logistiques

Cette diversification des points d’entrée et de sortie répond à la taille du marché nigérian et à l’évolution de sa base productive. Avec une population qui dépasse les 240 millions d’habitants et une industrie concentrée en grande partie dans le sud du pays, les besoins en capacités de manutention, de stockage et d’acheminement sont appelés à rester importants.

Pour le gouvernement fédéral, les différents projets doivent à terme contribuer à renforcer la position du Nigeria dans les échanges régionaux et à faciliter l’accès des entreprises nigérianes aux marchés de la Zone de libre-échange continentale africaine.

Reste toutefois la question de l’exécution. Les précédents projets portuaires nigérians ont parfois connu des calendriers prolongés, comme celui de Badagry, dont les premières initiatives remontent à plus d’une décennie.

Pour le projet portuaire Gateway, la mobilisation effective des capitaux, la réalisation des accès routiers et ferroviaires, la disponibilité de l’électricité, l’attraction d’investisseurs dans la zone spéciale et la coordination entre les différents nouveaux ports seront déterminantes pour transformer les annonces en capacités opérationnelles.

Henoc Dossa  

Edité par : Feriol Bewa

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