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414 millions $ : l’appui américain à la mine d’uranium Dasa se précise au Niger

414 millions $ : l’appui américain à la mine d’uranium Dasa se précise au Niger
  • Date de création: 17 septembre 2026 14:14

(Agence Ecofin) - Bloqué à la phase de mobilisation des fonds nécessaires à la construction, le projet d’uranium Dasa a connu ces dernières années plusieurs mises à jour de son calendrier de développement. Son opérateur canadien Global Atomic table désormais sur 2028 pour lancer les exportations depuis le site.

La compagnie minière canadienne Global Atomic a annoncé mercredi 16 septembre que le conseil d’administration de l’agence fédérale américaine DFC avait approuvé une facilité de dette pouvant atteindre 414,2 millions USD pour son projet d’uranium Dasa, au Niger. La mobilisation effective de ces fonds reste toutefois soumise à plusieurs conditions qui doivent encore être réunies pour permettre à la société d’avancer vers la construction de la mine.

Avec Dasa, Global Atomic veut mettre sur pied un actif capable de produire 68,1 millions de livres d’U₃O₈ sur une durée de vie estimée à 23 ans. Le développement du projet a toutefois pris du retard ces dernières années, avec plusieurs reports du calendrier de mise en production, notamment en raison des difficultés à mobiliser les fonds nécessaires à la construction.

Depuis quelques mois, la société faisait état d’avancées dans des négociations engagées de longue date pour obtenir un prêt destiné au projet. Une mise à jour publiée en août avait d’ailleurs permis d’identifier plus clairement l’autre partie prenante, Global Atomic évoquant alors une « banque de développement américaine ».

Ce développement lève donc davantage le voile sur cette procédure, en confirmant l’implication de la DFC et le montant de la facilité envisagée. Cette entité est déjà présente dans le secteur minier africain, où elle mobilise des financements pour soutenir des projets considérés comme stratégiques pour les États-Unis, notamment dans les minerais critiques.

Son intervention à Dasa intervient aussi dans un contexte où Washington cherche à renforcer ses capacités nationales dans la chaîne du combustible nucléaire, notamment pour réduire sa dépendance à des sources étrangères comme la Russie et soutenir le développement de son industrie nucléaire civile.

Aucun accord d’approvisionnement portant sur l’uranium de Dasa n’est toutefois associé à la facilité annoncée. Celle-ci reste par ailleurs conditionnée à la finalisation de la documentation entre les deux parties, mais aussi à plusieurs exigences liées directement au développement du projet. Global Atomic devra notamment identifier une voie viable pour exporter le concentré d’uranium depuis le site, obtenir la prolongation de sa convention minière et de son permis d’exploitation, ainsi que des garanties jugées satisfaisantes concernant les autorisations nécessaires au remboursement du prêt. Un accord direct avec le gouvernement nigérien doit également être négocié.

Ces conditions ne sont pas anodines, notamment sur le volet logistique. Le projet s’inscrit en effet dans une filière d’exportation tournée vers le Bénin, l’uranium nigérien ayant historiquement transité par le port de Cotonou pour rejoindre les marchés internationaux. Les négociations annoncées entre Niamey et Cotonou en vue d’une réouverture de leur frontière commune pourraient donc également compter dans les perspectives logistiques du projet. À ce stade, aucune échéance n’a toutefois été avancée pour la levée des conditions posées par la DFC ni pour la finalisation de l’accord de financement.

La piste américaine n’est par ailleurs pas le seul levier exploré par Global Atomic pour financer Dasa. La société indique mener parallèlement des discussions avec des partenaires potentiels de coentreprise susceptibles d’acquérir une participation minoritaire dans le projet. Elle étudie aussi d’autres options de financement qui pourraient permettre de couvrir un éventuel écart entre l’approbation de la facilité et son décaissement effectif, ou entre celle-ci et un éventuel apport d’un partenaire de coentreprise. La production commerciale de Dasa est actuellement prévue au second semestre 2028.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA

Lire aussi :

15/05/2026 - Niger : le canadien Global Atomic vise 2028 pour exporter l’uranium de Dasa, mais...

 

 

 

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