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Niger : le canadien Global Atomic vise 2028 pour exporter l’uranium de Dasa, mais...

Niger : le canadien Global Atomic vise 2028 pour exporter l’uranium de Dasa, mais...
  • Date de création: 15 mai 2026 05:42

(Agence Ecofin) - Avec la remontée des prix de l’uranium et une demande appelée à croitre, le projet Dasa de Global Atomic peut aider le Niger à regagner du terrain après une décennie de baisse de sa production. Mais pour la compagnie canadienne, les défis pour mettre en service la mine sont encore significatifs.

Au Niger, Global Atomic a annoncé mercredi 13 mai que sa future mine d’uranium Dasa devrait livrer ses premiers chargements de concentré (yellowcake) au premier semestre 2028. Alors que cette nouvelle mine est attendue à un moment où la demande et les prix de l’uranium sont en hausse, la compagnie canadienne aura d’autres défis à gérer pour respecter un calendrier de production plusieurs fois remanié depuis 2023.

Situé dans la région d’Agadez, le gisement de Dasa est opéré par SOMIDA, une société de droit nigérien détenue à 80 % par Global Atomic et à 20 % par l’État nigérien. Autorisé en 2020 et en développement actif depuis novembre 2022, le projet peut livrer 68,1 millions de livres sur environ 24 ans, selon une étude de faisabilité publiée en 2024.

Marché porteur et position stratégique

Le projet bénéficie d’un environnement de prix structurellement favorable. Selon les données publiées par Cameco, le cours de l’uranium au comptant s’établissait à 86,35 dollars la livre en avril 2026, contre environ 51 dollars à la fin du premier semestre 2023. Les prix à long terme ont même atteint environ 90 dollars la livre au premier trimestre 2026, alimentés par des perspectives de demande mondiale nettement orientées à la hausse.

Boudé au cours de la dernière décennie, dans le sillage de la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011, le nucléaire civil est de retour en grâce. Depuis la COP28 tenue à Dubaï en 2023, une trentaine de pays se sont engagés à tripler la capacité nucléaire installée dans le monde d’ici 2050, afin de la porter à 1 200 gigawatts. Selon la World Nuclear Association (WNA), cela porterait les besoins annuels en uranium à 250 000 tonnes, contre environ 60 000 tonnes actuellement produites dans le monde.

Au Niger, Dasa s’impose comme un levier essentiel dans ce contexte. Le pays, autrefois 8ème producteur mondial d’uranium, a vu sa production reculer à 962 tonnes en 2024, selon la WNA, contre plus de 4 100 tonnes en 2015. La fermeture de la Cominak en 2021, puis la nationalisation en 2025 de la Somaïr, la seule mine encore en activité et jusqu’alors gérée par le français Orano, ont contribué à réduire la production du Niger. Dasa est devenu de fait l’un des principaux leviers de la stratégie nationale, ce qui lui assure le soutien de Niamey.

Financement et logistique, deux défis persistants

Malgré les atouts du projet nigérien de Global Atomic, force est de constater que la compagnie n’a pas définitivement levé les contraintes qui ont retardé l’entrée en production de la mine, initialement prévue en 2025 puis reportée au second semestre 2026. La majorité des fonds est attendue d’un prêt auprès d’une banque américaine, dont la demande a franchi récemment une première étape formelle d’approbation, car le coup d’État de juillet 2023 au Niger a retardé l’ensemble du processus. Aucun accord définitif n’est annoncé à ce stade.

En parallèle, Global Atomic explore d’autres options, notamment un partenariat de coentreprise prévoyant la cession d’une participation minoritaire dans SOMIDA. La compagnie a d’ailleurs indiqué que la mise en service de l’usine de traitement, prévue pour le quatrième trimestre 2027, et le lancement des exportations sont conditionnés par la sécurisation du financement.

La logistique constitue l’autre contrainte à lever. Initialement fermée par Cotonou après le coup d’État de 2023, la frontière que partage le Niger avec le Bénin est maintenue fermée par Niamey. Cela oblige Global Atomic à se tourner vers des itinéraires alternatifs, notamment via le port de Lomé au Togo, un trajet plus long et plus coûteux que le passage naturel par le Bénin pour importer ou exporter. L’élection du nouveau président béninois Romuald Wadagni en avril 2026 ouvre une fenêtre de dialogue avec Niamey, susceptible de simplifier à terme les conditions logistiques du projet. Pour Global Atomic, 2028 reste un énième objectif. La question est de savoir si les conditions seront enfin réunies pour l’atteindre.

Emiliano Tossou

Édité par Wilfried ASSOGBA

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15/12/2025 - Niger : entre défis logistiques et financiers, la production d’uranium reportée à la mine Dasa

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