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Nigeria : un nouveau terminal pétrolier pour la production marginale dans le delta

  • Date de création: 15 octobre 2025 15:20

(Agence Ecofin) - Premier producteur de pétrole brut du continent, le Nigeria cherche activement à optimiser l’exploitation de ses ressources énergétiques, une dynamique qui passe notamment par le renforcement de ses infrastructures.

Le Nigeria a franchi une étape symbolique avec la mise en service du terminal terrestre d’exportation de brut d’Otakikpo, présenté comme la première infrastructure de ce type construite et exploitée par une société locale depuis cinquante ans.

Inauguré le mercredi 8 octobre à Ikuru Town (État de Rivers) par le président Bola Tinubu, ce terminal d’une capacité de stockage de 750 000 barils extensible à 3 millions, affiche une capacité opérationnelle de chargement sur tankers de 360 000 barils par jour.

L’infrastructure contrôlée par Green Energy International Ltd (GEIL), opérateur du champ Otakikpo en partenariat avec Lekoil Nigeria Ltd, a expédié sa première cargaison d’environ 100 000 barils de brut léger en juin, via un pétrolier affrété par Shell, d’après la presse locale.
 Son inauguration s’inscrit dans la stratégie du gouvernement visant à renforcer les capacités d’exportation du brut nigérian.

Une infrastructure pensée pour les producteurs marginaux

Le terminal se positionne comme un hub multi-utilisateur destiné aux producteurs marginaux des blocs OML 11, 17 et 24, notamment Ubima (All Grace Energy), Oza (Millenium Oil & Gas / Decklar Resources) et Asaramatoru (Prime E&P), ainsi qu’aux gisements d’Ogoniland, à l’arrêt depuis les années 1990.

Selon la Nigerian Upstream Petroleum Regulatory Commission (NUPRC), « plus de quarante champs auparavant bloqués » pourraient désormais voir leur production exportée, pour un potentiel estimé à 200 000 barils par jour.

Avant Otakikpo, la majorité de ces volumes dépendaient du Trans-Niger Pipeline (450 000 b/j) ou du Nembe Creek Trunk Line (150 000 b/j), souvent fermés en raison de fuites ou d’actes de vandalisme, rappelle la presse internationale.

L’opérateur GEIL, lui-même, déboursait « jusqu’à 120 000 dollars par jour » pour évacuer son brut par barges vers l’unité flottante de stockage et de déchargement (FSO) Ima.

Le nouveau terminal, relié à la mer par un pipeline de 23 km et une bouée d’amarrage à point unique (SPM), met fin à cette dépendance coûteuse.

Un outil de souveraineté économique

Heineken Lokpobiri, le ministre d’État aux Ressources pétrolières, cité par la presse locale, a salué un projet « emblématique de la participation du capital indigène ». La NUPRC estime que la mutualisation des coûts logistiques permettra de réduire jusqu’à 40 % le coût de production par baril pour les opérateurs marginaux.

GEIL confirme un investissement initial de 400 millions de dollars, extensible à 1,3 milliard pour tripler la capacité de stockage. Par ailleurs, la NUPRC souligne que le terminal contribuera à réduire les pertes de brut, qui atteignaient « jusqu’à 60 % du volume injecté » sur certains oléoducs en 2022, selon des estimations relayées par la presse internationale.

Pour des champs comme Oza ou Asaramatoru, dont les coûts d’évacuation rendaient la production non rentable, cette installation représente un gain net de rentabilité et un signal fort pour le secteur local.

La question de la demande réelle

Mais le défi actuel reste celui de l’exploitation effective du terminal. D’après la presse spécialisée, seuls 10 000 à 15 000 barils par jour transitent actuellement par Otakikpo, soit environ 5 % de la capacité disponible.

La montée en charge dépendra du raccordement progressif des champs marginaux et de la reprise progressive des activités pétrolières dans la région d’Ogoniland. « Nous avons construit une capacité modulaire extensible en neuf mois si la demande augmente », a expliqué Anthony Adegbulugbe, le PDG de GEIL, soulignant la flexibilité du dispositif.

Pour l’instant, le risque principal n’est pas la saturation, mais la sous-utilisation prolongée, qui menace la rentabilité du modèle. À l’inverse, une montée rapide des volumes ouvre la possibilité à l’ajout de réservoirs supplémentaires ou d’un second point d’amarrage, afin de maintenir un accès fluide pour tous les opérateurs.

Le président Tinubu a appelé à répliquer ce modèle « d’infrastructure privée ouverte » dans d’autres zones du delta, estimant qu’Otakikpo ouvre la voie à la relance d’une production locale longtemps entravée.

Abdel-Latif Boureima

Édité par Wilfried ASSOGBA

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10/10/2025 - Nigeria : un pas vers la souveraineté pétrolière avec une unité flottante nationale

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