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Cacao : El Niño ravive les inquiétudes sur l’offre et soutient les prix mondiaux

Cacao : El Niño ravive les inquiétudes sur l’offre et soutient les prix mondiaux
  • Date de création: 10 juillet 2026 13:48

(Agence Ecofin) - Le monde du cacao retient son souffle. Alors que les marchés anticipaient un retour à une offre abondante après deux campagnes difficiles, le développement attendu d'El Niño au second semestre 2026 remet en question les perspectives de récolte en Afrique de l'Ouest.

L’épisode météorologique El Niño, qui se produit tous les deux à sept ans et dure généralement entre neuf et douze mois, pourrait de nouveau peser sur l'ensemble de la chaîne de valeur mondiale du cacao.

Mais dans l’immédiat, les marchés renouent déjà avec une dynamique haussière. À New York et à Londres, les cours du cacao ont atteint le 9 juillet respectivement 6 094 dollars et 4 521 livres sterling la tonne, leurs plus hauts niveaux depuis six mois. De quoi soutenir davantage les prix.

Après avoir culminé à 12 906 dollars la tonne en décembre 2024, ceux-ci avaient déjà reculé à la fin de 2025 avant de poursuivre leur baisse depuis le début de l’année, évoluant entre 3 000 et 4 000 dollars la tonne.

Cette situation était liée à l’amélioration des perspectives de récolte en Côte d’Ivoire et au Ghana pour la campagne 2025/2026, qui signerait un retour à une situation de surplus à court terme sur le marché. Mais ces hypothèses sont désormais fragilisées par El Niño.

Vers un scénario bis repetita ?

Cet épisode, qui pourrait être l’un des plus intenses en 75 ans selon les dernières prévisions de l’Agence américaine d’observation océanique et atmosphérique (NOAA), vient en effet souffler un vent d’incertitude sur le bassin cacaoyer ouest-africain.

Déjà, lors du dernier épisode, en 2023/2024, la zone, qui fournit plus de 60 % de l’offre mondiale du principal constituant du chocolat, avait d’abord connu des précipitations deux fois supérieures à la normale, avant d’être frappée par une chaleur intense et des vents d’Harmattan particulièrement secs et violents, ce qui avait entraîné une flambée historique des prix.

Le même scénario pourrait-il se répéter cette année ? Les pluies excessives enregistrées ces derniers mois aussi bien au Ghana qu’en Côte d’Ivoire apportent en tout cas un début de réponse aux observateurs.

Dans le premier pays, les fortes pluies enregistrées en juin ont déjà détruit des floraisons et accéléré la propagation de la pourriture brune (une maladie fongique qui se développe dans les environnements trop humides et noircit les cabosses).

« Si le COCOBOD [régulateur du secteur du cacao, NDLR] n'approuve pas immédiatement le déblocage des fongicides, la maladie va se propager et nous pourrions perdre une grande partie de la production de la saison prochaine », avait confié à Reuters Theophilus Tamakloe, vice-président d'une association nationale d'agriculteurs, vers la fin juin.

En Côte d'Ivoire, les fortes pluies tombées en juin dans plusieurs zones de production ont également ravivé les craintes liées aux maladies et aux inondations. Face à ces incertitudes, le Conseil du Café-Cacao (CCC) a fortement ralenti les ventes par anticipation de la campagne principale 2026/2027 afin d'affiner ses estimations de récolte.

Le pays, qui a déjà vendu environ 1,15 million de tonnes de fèves pour la campagne principale 2026/2027 (septembre-février), veut concrètement éviter de vendre davantage de contrats qu’il ne pourra effectivement livrer aux multinationales et aux négociants implantés dans le pays.

En attendant, les spéculations vont déjà bon train sur une réduction du volume de cabosses qui sortira des plantations sur l’ensemble de la saison. Certaines analyses relayées par Reuters estiment que la production ivoirienne pourrait reculer à environ 1,7 à 1,8 million de tonnes au cours de la campagne 2026/2027, contre près de 2,2 millions de tonnes en 2025/2026.Bas du formulaire

Espoir Olodo  

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