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Terres rares : le Mozambique, nouvel atout de Washington dans sa percée africaine

  • Date de création: 10 février 2026 03:17

(Agence Ecofin) - Au Malawi, en Afrique du Sud ou encore Angola, les États-Unis continuent de se positionner stratégiquement sur les futures sources de terres rares africaines. Une stratégie qui s’inscrit dans une course mondiale visant à structurer des circuits alternatifs à l’offre dominante de la Chine.   

Dans une note publiée lundi 9 février, la société minière britannique Altona Rare Earths a annoncé avoir obtenu la confirmation du soutien des États-Unis pour le développement de son projet de terres rares Monte Muambe, au Mozambique. Cet appui porté par l’United States Trade and Development Agency (USTDA), illustre l’accélération de l’offensive de Washington dans la filière émergente des terres rares en Afrique.

Un nouveau pas pour Washington

Face à la quasi-domination de la Chine, qui concentre environ 70 % de la production mondiale de terres rares, les États-Unis multiplient depuis plusieurs mois les initiatives visant à développer des chaînes d’approvisionnement alternatives. Dans ce cadre, l’Afrique s’impose progressivement comme un pilier de cette stratégie, avec l’annonce de plusieurs financements américains en faveur de projets régionaux.

En Angola, Pensana, la société britannique à l’origine du projet Longonjo qui ambitionne de développer une chaîne d’approvisionnement en terres rares tournée vers les États-Unis, attend actuellement un financement pouvant atteindre 160 millions USD de la Banque américaine d’import-export (EXIM). Parallèlement, Washington soutient le projet sud-africain Phalaborwa à travers une subvention de la Development Finance Corporation (DFC), via la société d’investissement TechMet.

Plus récemment, Lindian Resources, opérateur du projet Kangankunde au Malawi, a indiqué être en discussions avec le gouvernement américain afin de positionner son actif comme l’un des leviers susceptibles de réduire le « déficit émergent d’approvisionnement » des États-Unis. C’est dans ce même contexte stratégique que s’inscrit le soutien accordé au projet mozambicain Monte Muambe, avec pour objectif la signature d’une « convention de subvention formelle », en cours de préparation.

 « Cet engagement de soutien de l’USTDA constitue une validation externe significative de la qualité stratégique et du potentiel économique du projet Monte Muambe. Il souligne l’intérêt marqué et de haut niveau d’une institution gouvernementale américaine de premier plan pour le développement d’une source alternative et sûre de terres rares », a déclaré Cédric Simonet, PDG d’Altona Rare Earths.

Le Mozambique rejoint la dynamique

À ce stade, peu d’éléments ont filtré sur les modalités concrètes d’un éventuel partenariat entre Altona et l’USTDA autour du projet Monte Muambe. La nature du soutien américain reste donc à préciser pour cet actif, dont le coût de développement est estimé à 276,3 millions USD, selon une étude préliminaire publiée en 2023. Altona vise, pour sa part, une production moyenne d’environ 15 000 tonnes par an de carbonate mixte de terres rares, sur une durée de vie de 18 ans.

Ces paramètres font actuellement l’objet d’une mise à jour dans le cadre d’une étude de préfaisabilité, plus approfondie qu’une étude économique préliminaire. En attendant, l’intérêt manifesté par les États-Unis pour Monte Muambe confère déjà une certaine visibilité au Mozambique dans les dynamiques émergentes de la filière des terres rares en Afrique. Le pays abrite par ailleurs d’autres projets à un stade moins avancé, dont celui d’Adriano, où la junior australienne MRG Metals Limited a annoncé en octobre 2025 la découverte d’un « potentiel gisement alluvial de terres rares ».

Reste désormais à observer l’évolution de ces dynamiques dans les prochains mois, tant s’agissant des ambitions américaines autour de Monte Muambe que de la manière dont Maputo cherchera à peser dans les débats. Pour rappel, alors que le continent ne produit encore aucun de ces minéraux essentiels aux éoliennes et aux véhicules électriques, il pourrait représenter environ 9 % de l’offre mondiale de terres rares d’ici 2029, selon Benchmark Mineral Intelligence.

Aurel Sèdjro Houenou

Édité par Wilfried ASSOGBA 

Lire aussi :

20/10/2025 - Terres rares : le Mozambique s'annonce parmi les fournisseurs potentiels en Afrique

29/01/2026 - Course mondiale aux terres rares : ces projets africains à suivre de près en 2026

16/12/2025 - Au Malawi, l’intérêt américain pour les terres rares s’étend au projet Kangankunde

 

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