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Le Sénat nigérian veut décourager les exportations de maïs brut

  • Date de création: 09 décembre 2024 16:29

(Agence Ecofin) - Au Nigeria, le maïs est la première céréale cultivée et consommée. Dans le pays, les autorités veulent assurer l’approvisionnement local du marché, dans un contexte de tensions sur l’offre.

Au Nigeria, le Sénat a adopté le vendredi 6 décembre, un projet de loi qui vise à décourager l’exportation de maïs sous forme brute. Le projet de texte consulté par Reuters rendra illégale la sortie de maïs du territoire à partir d’une tonne. Pour les contrevenants, il prévoit des sanctions comme le paiement d’une amende représentant la valeur de la marchandise confisquée ou une peine d’emprisonnement d’un an. 

L’objectif affiché par les autorités est de limiter les exportations informelles vers les pays voisins afin d’assurer un approvisionnement confortable du marché intérieur. En effet, avec la faiblesse du naira, les commerçants et négociants misent sur les ventes vers les pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre pour faire plus de gains après la conversion à partir du FCFA.

Si officiellement, les exportations de maïs du pays sont comprises entre 50 000 et 75 000 tonnes par an, les observateurs indiquent que ce flux pourrait être sous-estimé, en raison de l’importance des échanges non comptabilisés dans cette région.

Quoi qu’il en soit, la mesure proposée par le Sénat, qui doit encore être approuvée par le président Bola Tinubu, intervient dans un contexte marqué par l’insécurité alimentaire aiguë qui touche plus de 30 millions de personnes selon les données officielles et par une pression accrue sur la filière maïs.

En effet, la production de la céréale devrait atteindre 11 millions de tonnes en 2024/2025 d’après les dernières prévisions du Département américain de l’agriculture (USDA).

Il s’agirait de la seconde année consécutive sous la barre des 12 millions de tonnes et d’un niveau équivalent à celui de 2018/2019 selon les données compilées par l’Agence Ecofin.

Dans le pays, l’insécurité croissante dans la « ceinture du maïs » qui englobe les principales régions de culture de la céréale, notamment dans le Nord, et la hausse des prix des intrants, avec la dévaluation du naira qui limite l’investissement dans les champs, contribueront cette année encore à la réduction des rendements qui sont déjà deux fois plus faibles qu’en Afrique du Sud ou en Ethiopie.

Dans ce contexte, l’offre réduite sera partagée entre la croissance de la consommation humaine et d’autres usages comme l’industrie des boissons et surtout l’alimentation animale. Ce dernier segment absorbe déjà à lui seul près de 45 % de la production de maïs, principalement pour l’industrie avicole.

Espoir Olodo

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28/11/2024 - Nigeria : 48 % des ménages ont dû réduire leur consommation alimentaire en 2023

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